Le procès relatif à la crise de la dioxine

Le procès relatif à la crise de la dioxine
Le procès relatif à la crise de la dioxines'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Gand. Les exploitants des entreprises de traitement des graisses Verkest et Fogra sont poursuivis pour leur implication dans cette importante crise qui a frappé le secteur en 1999. Le conseil de l'Etat belge a demandé 180 millions d'euros de dommages et intérêts à titre provisionnel.

Une dizaine de préjudiciés, principalement des entreprises d'aliments pour le bétail, se sont constituées partie civile lundi. Plusieurs dizaines d'autres devraient à leur tour réclamer des dommages et intérêts. La défense de Lucien et Jan Verkest a demandé en vain le report de l'affaire au mois de septembre. Une demande rejetée par le tribunal qui a rappelé que ce dossier date déjà de 1999. Et le président de constater que les parties sont en état de plaider.

L'Etat belge, qui réclame 180 millions d'euros à titre provisionnel, a demandé la désignation d'un expert pour déterminer le préjudice total. La provision demandée ne concerne en effet que les montants qui ont été déboursés par l'Etat pour permettre au secteur touché de redémarrer après la crise de la dioxine. Selon les conseils de l'Etat belge, il n'y aurait pas eu une crise de la dioxine si les prévenus n'avaient pas commis les faits qui leur sont reprochés.

Contamination en chaîne
Les sept parties poursuivies sont la NV Verkest, de Deinze, devenue depuis la NV Profat; le père Lucien Verkest, son épouse, Jeanine Dhaenens, et son fils Jan Verkest; la SPRL Fogra de Bertrix, devenue la SPRL Protelux, Jacques Thill et son épouse Jacqueline. Aucun des inculpés n'était personnellement présent à l'audience. Les principaux prévenus, Jan et Lucien Verkest, doivent répondre de faux en écriture, usage de faux et de tromperie sur la marchandise. Leurs factures indiquaient qu'ils livraient de la graisse animale pure alors qu'il s'agissait de mélanges de graisses. Fogra aurait fourni des graisses animales contaminées aux pcb à la société Verkest. Verkest aurait ensuite contaminé à son tour plusieurs entreprises d'alimentation pour le bétail.

Cette première journée du procès devait être uniquement consacrée à établir l'agenda des audiences. Mais elle a débuté par un problème de procédure. Le conseil de Lucien et Jan Verkest, Me Hans Rieder, a fait valoir qu'il ne sera pas en mesure de plaider avant le mois de septembre. Me Rieder intervient également dans le procès Lernout & Hauspie qui se déroule actuellement devant la cour d'appel de Gand. Il ne souhaite pas se faire remplacer par un confrère.

Priorité à l'affaire L&H
Le ministère public s'est opposé au report de l'affaire, rappelant que le parquet a déposé ses réquisitions dès le 22 juin 2002. Il estime que la défense a eu largement le temps de les examiner. Un avis partagé par le président Jan Van Den Berghe qui s'est prononcé contre un ajournement. Il a dû néanmoins accepter certaines concessions. L'affaire L&H aura la priorité et les premières plaidoiries dans le dossier de la dioxine n'interviendront donc pas avant le 1er septembre. Mais les différentes parties sont invitées à déposer leurs conclusions écrites à ce propos.
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# Posté le samedi 30 août 2008 04:29

une compagnie petroliere condamnée au canada sur plainte du WWF

une compagnie petroliere condamnée au canada sur plainte du WWF
Par: Steven Guilbeault



Le Canada, avec l'industrie pétrolière de l'Alberta au premier plan, a encaissé un dur coup il y a quelques semaines avec une annonce des plus étonnantes faite par nos voisins du sud: le gouvernement américain considère les sables bitumineux trop polluants. Vous avez bien lu, c'est l'administration de George W. Bush, principale détractrice de Kyoto et de toute la lutte aux changements climatiques, qui a fait ce constat...
Selon la loi du Energy Independence and Security Act, signée par le président Bush, "les agences fédérales ne peuvent plus signer de contrats d'approvisionnement pour des carburants alternatifs ou synthétiques, sauf s'il est prouvé, selon l'analyse du cycle de vie, que les émissions de GES liées à la production et à la combustion de ces carburants sont moindres ou égales à celles des sources conventionnelles de pétrole".

Cette annonce est très importante et comporte deux éléments essentiels qui, à mon avis, constituent d'excellentes nouvelles.

Tout d'abord, c'est très rassurant de voir la plus importante économie de la planète prendre cette décision. Le gouvernement Bush n'a pas vraiment fait preuve de leadership dans le dossier énergétique jusqu'à présent. C'est donc tout un revirement. Même si les experts estiment que l'Alberta ne sera pas affectée à court terme (économiquement parlant) par cette loi, il s'agit d'un geste important qui illustre à quel point les changements climatiques sont pris en considération et sont en train de dicter certaines règles du marché.

Les États-Unis sont les principaux acheteurs des sables bitumineux. Le gouvernement américain est l'un des plus énergivores au monde. L'armée et la poste, deux agences fédérales, sont les plus gros consommateurs de carburant au pays. C'est tout un signal à la communauté internationale qui est lancé. Même si l'Alberta peut continuer de vendre à des compagnies privées ou aux États au sud de la frontière, elle vient quand même de perdre un client très important. Et qui sait si cette annonce n'entraînera pas d'autres joueurs à adopter de telles politiques?

D'ailleurs, la Californie a pris cette décision bien avant l'administration Bush en annonçant en février 2007 qu'elle ne voulait pas du pétrole issu des sables bitumineux parce qu'il émettait trop de GES.

Ensuite, la loi fait référence à un concept crucial en environnement: l'analyse du cycle de vie. Grâce à ce processus, nous pouvons déterminer les impacts environnementaux globaux de différents produits, technologies et procédés industriels sur l'ensemble de la vie d'un produit. Dans le cas des carburants, les impacts environnementaux peuvent être mesurés en calculant notamment les émissions de gaz à effet de serre dans toutes les étapes de "vie" d'un carburant, de son extraction à sa combustion.

C'est important parce que, enfin, le calcul des émissions de GES ne se fait pas uniquement quand "la voiture roule", mais tout au long de la production. Et qui remporte la médaille d'or dans le calcul des émissions? Eh oui, le pétrole de l'Alberta.

Ce n'est un secret pour personne, l'industrie des sables bitumineux est la plus polluante au Canada. Les sables bitumineux sont responsables de 30 % de l'augmentation des émissions de GES depuis 1990 pour tout le Canada. L'extraction du pétrole des sables bitumineux est un processus extrêmement coûteux du point de vue énergétique et environnemental.

Je n'irai pas dans les détails, mais les données reliées à chacune des étapes de production sont tout simplement effrayantes. La production d'un seul baril de pétrole nécessite l'extraction de deux tonnes de sables bitumineux. Ce même baril génère deux barils de déchets toxiques. Il faut de trois à cinq litres d'eau pour produire un seul litre de pétrole. Toute l'industrie fonctionne au gaz naturel. L'énergie dépensée est énorme. La consommation quotidienne de gaz naturel suffirait à chauffer quatre millions de maisons... Au final, les émissions de GES générées par les sables bitumineux sont au moins de 25 % supérieures à celles générées par le pétrole conventionnel.

Avec cette annonce, le Canada est une fois de plus sur la sellette dans le dossier des changements climatiques. C'est une bonne nouvelle, la pression monte. Après le rapport de l'ONU cet automne, le dérapage à Bali en décembre, ce sont maintenant nos principaux alliés qui nous font la leçon. Et cette fois-ci, la donne est un peu différente puisque la pression ne vient pas seulement du public, mais de la loi.

Tags: Energy Independence and Security Act, sables bitumineux, Alberta, États-Unis


2 commentaire(s) Le Canada dans les sables... mouvants

Normand Parisien a dit :

re: Le Canada dans les sables... mouvants

Rien d'étonnant au fait que le gouvernement américain émette des réserves face à nos sables bitumineux car une élection présidentielle aura lieu au mois de Novembre. Le candidat républicain en tête est reconnu pour avoir des idées plus progressistes que les membres de son parti, en ce qui concerne la question environnementale, et les adversaires démocrates tirent à boulets rouges sur l'administration Bush avec sa position sur Kyoto, etc...

De plus, la qualité des sources pétrolières varie mais si les gouvernements ont présentement l'embarras du choix, ceci ne durera pas indéfiniment car les réserves mondiales ne sont pas infinies et tôt ou tard il faudra utiliser ce pétrole plus polluant, pour faire tourner les industries mondiales. En période électorale, il ne faut pas se surprendre des déclarations des politiciens.

# 08 févr. 2008, 13:53
Marc Audet a dit :

re: Le Canada dans les sables... mouvants

Décidément, il y a du sable dans l'engrenage pour ceux qui pensent à courte vue en matière d'environnement. Qui peut aller contre cet argument de béton en face duquel ceux des opposants ont l'air de châteaux de sable: c'est le cycle de vie complet d'un produit, de sa production à sa dernière utilisation, qu'il faut regarder quand on pense à des alternatives. Cet argument a le mérite d'examiner la question comme un tout, comme un système au sein duquel les éléments s'influencent réciproquement pour former un ensemble dynamique. Même si cet argument n'empêche pas a priori que les variables sociales et économiques soient prises aussi en compte, il ne les met pourtant pas d'entrée de jeu dans la problématique. C'est aussi le cycle de vie des humains qui est à prendre en compte, leur espérance de vie, celle de leur vie en santé et celle des générations à venir. Le climat est seulement une partie de cet ensemble qu'il faut considérer dans nos choix. Même si ce dernier a des incidences certaines sur la mort, la faim et la soif des humains, d'autres facteurs de pollution influencent aussi leur santé sans nécessairement passer par le climat.

Ce qui est ironique dans cette loi américaine lui vient de ce qu'elle porte la signature de quelqu'un qui se soucie de la pollution par l'utilisation du pétrole comme de sa dernière salopette. Dans un contexte de ralentissement économique et même de récession, ne fait-il pas bon au c½ur de l'Indien de réconforter ceux dont on a protégé les intérêts pétroliers en même temps que les nôtres, quitte à dépenser des centaines de milliards de dollars dans des guerres incertaines. Vous êtes ceux de nos clients qui bénéficieront les premiers de nos achats pourrait-on lire aussi en filigrane de cette loi américaine.

Il n'empêche que ceux de nos gouvernants qui se conduisent de manière trop servile envers notre puissant voisin ont là la leçon qu'ils méritent. Leur servilité est payée de mépris.

# 13 févr. 2008, 10:14
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# Posté le lundi 18 août 2008 03:58

LE RAPPORT QUI NE DIT PAS TOUT (sur les dangers des incinerateurs)

Dioxine
Le rapport qui ne dit pas tout
08/12/2000 - © Le Point - N°1473

Etrange optimisme d'un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) consacré au degré d'exposition de la population française à la dioxine, un sous-produit industriel ultratoxique. La réalité serait bien plus inquiétante.
La dioxine est une substance dangereuse pour l'homme, une molécule ultratoxique qui favorise le développement de cancers et provoque, à des concentrations infinitésimales, de l'ordre du picogramme (c'est-à-dire du millionième de millionième de gramme), des troubles hormonaux et neurologiques. Chaque année en France, les cheminées des incinérateurs d'ordures ménagères et les aciéries recrachent environ 300 grammes de dioxines. Pourtant, les pouvoirs publics se veulent rassurants. Au ministère de l'Environnement, on s'empresse de rappeler que, depuis trois ans, les émissions industrielles de dioxines ont été réduites de 50 %. Officiellement, l'Hexagone n'a donc pas à craindre le « sida chimique », comme l'appellent les toxicologues. C'est en tout cas ce que laisse entendre le récent rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) consacré aux dioxines (1), lorsqu'il conclut que l'exposition moyenne de la population française « est proche de l'objectif de qualité recommandé par l'Organisation mondiale de la santé [OMS] ». Sauf que le chiffre d'exposition avancé par l'Afssa (1,3 picogramme par kilogramme de poids corporel et par jour) est à prendre avec des pincettes. « Le ministère de la Santé a manipulé les chiffres de contamination des Français par les dioxines », dénonce Pierre-Emmanuel Neurhor, directeur du Centre national d'information indépendante sur les déchets (CNIID), une association qui a fait des dioxines son cheval de bataille. Et de pointer du doigt un étrange oubli : les polychlorobiphényles, plus connus sous le nom de « PCB », sont ainsi passés à la trappe alors qu'il s'agit de molécules « soeurs » des dioxines, qui doivent être obligatoirement prises en compte dans le calcul d'exposition, comme l'a confirmé au Point le docteur Maged Younes, chef de l'unité Evaluation des risques et méthodologies à l'OMS.

Après les révélations du CNIID, l'Afssa a d'ailleurs discrètement corrigé le tir en mettant sur son site Internet un rectificatif qui reconnaît l'erreur et précise qu'il ne s'agit « en aucun cas d'une volonté de sa part de minimiser les chiffres ». Il n'empêche que l'omission des PCB avait pour effet de diviser quasiment par deux l'exposition moyenne des Français !

Et ce n'est pas tout. Lorsque l'on épluche le rapport de l'Afssa, on découvre d'autres bizarreries qui font toutes pencher la balance du même côté. Les enfants de moins de 2 ans ont ainsi été écartés d'office des calculs de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Pourtant, durant l'allaitement, la jeune maman évacue, via le lait, une partie des dioxines stockées dans son corps, ce qui entraîne une surexposition du nourrisson, qui doit être prise en compte lorsque l'on fait le total des dioxines encaissées sur une vie entière. Résultat : « 5 % de contamination évaporée », selon le CNIID. Questionnée sur le sujet, l'Afssa se justifie en invoquant un partage des rôles avec l'Institut national de veille sanitaire, chargé d'une étude consacrée à l'exposition des nouveau-nés.

Autre anomalie : les dioxines que nous respirons sont passées à l'as, l'Afssa n'ayant comptabilisé que celles que nous avalons. Logique de la part d'une agence de sécurité des aliments. Sauf que nos poumons attrapent, selon les estimations, jusqu'à 10 % des dioxines qui nous menacent... Cerise sur le gâteau, l'Afssa n'a pas pris en compte les nouvelles normes de toxicité des dioxines fixées par l'OMS en 1997. Et pour cause, les 450 niveaux de contamination des aliments dont elle dispose ont été calculés deux ans plus tôt par le ministère de l'Agriculture et la Répression des fraudes. Dommage, parce que lesdites normes révisent à la hausse la toxicité des dioxines de 10 % !

les raisons d'un enterrement

Bref, le CNIID a beau jeu de faire remarquer que l'exposition des Français est près de quatre fois supérieure à celle affichée dans le rapport de l'Afssa. Ce qui nous fait franchir la ligne rouge de 4 picogrammes par kilogramme de poids corporel par jour (pg/kg/jour), instituée par l'OMS. Sachant que la dose journalière admissible à partir de laquelle débutent les risques cancérogènes et neurologiques est de 1 pg/kg/jour... En fait, comme le reconnaît le professeur Jean-François Narbonne, qui milite depuis des années pour une réduction des rejets de dioxines et qui préside le groupe de travail Contaminants et phytosanitaires à l'Afssa : « Le chiffre de 1,3 pg que nous avançons dans le rapport est une estimation très relative. » Et de préciser : « Compte tenu de la marge d'erreur qui pèse sur ce type de calculs, l'exposition moyenne des Français se situe quelque part entre 2 et 5 picogrammes. » Sauf que, lors de la sortie du rapport, les pouvoirs publics ont présenté aux médias le chiffre de 1,3 pg/kg/jour comme preuve irréfutable de la faible exposition de la population aux dioxines. Idem pour les 5 % de Français les plus contaminés, qui affichent, selon l'Afssa, 2,52 pg/kg/jour, mais se retrouvent à 9,4 pg/kg/jour après que le CNIID eut refait les calculs ! Soit trois millions de personnes potentiellement exposées à deux fois le taux limite fixé par l'OMS...

En fait, comme l'indique Martin Hirsch, l'actuel directeur de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, « la dioxine est un sujet sensible ». Pour preuve, l'enterrement de première classe qui fut réservé en 1991 au rapport du Conseil supérieur d'hygiène publique de France, commandé par le ministère de la Santé, qui proposait de diviser par deux la dose journalière admissible. « La norme de l'OMS était à l'époque de 10 picogrammes, mais elle ne prenait pas en compte les effets immunitaires, endocriniens et neurologiques de la dioxine. Or des études sur des macaques publiées en 1989 aux Etats-Unis montraient qu'une exposition importante à la dioxine pouvait générer des retards mentaux », explique André Picot, directeur de l'unité de recherche CNRS sur la prévention du risque chimique.

Il faut dire que le rapport tombait au moment où nombre d'incinérateurs étaient en projet un peu partout en France. Trois ans plus tard, l'Académie des sciences publiait à son tour une étude qui minimisait la toxicité des dioxines et concluait que ces dernières ne constituaient pas un risque majeur pour la santé publique. « Alors que j'avais été chargé d'évaluer l'aspect immunotoxique des dioxines, mes contributions ont été refusées et mon nom a été retiré de la liste des experts... » indique le professeur Picot.

Aujourd'hui, c'est le professeur Jean-François Viel, épidémiologiste à la faculté de médecine de Besançon et auteur de l'enquête retentissante sur les cancers de l'usine nucléaire de la Hague, qui se retrouve sur la sellette pour un article publié en juin dernier dans l'American Journal of Epidemiology, première revue mondiale d'épidémiologie. « En épluchant le registre des cancers du Doubs, nous avons observé, à proximité de l'incinérateur des déchets ménagers de Besançon, des concentrations de cancers des ganglions lymphatiques et des tumeurs cancéreuses dans les muscles », explique Jean-François Viel, qui, prudent, refuse pour le moment d'établir une relation de cause à effet. « Pour en avoir le coeur net, il faudrait regarder le taux de dioxines dans le sang des personnes qui ont développé un cancer suspect. Le problème est que, pour une seule analyse de ce type, il faut débourser de 6 000 à 7 000 francs. Nous cherchons actuellement les fonds. » Dans un rapport rendu public le mois dernier, intitulé « Dioxines dans l'environnement, quels risques pour la santé ? », l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) recommandait d'ailleurs aux pouvoirs publics d'effectuer à l'échelon national des dosages sanguins afin de connaître l'imprégnation exacte de la population française par les dioxines...

Contre-attaque très orientée

Mais, sans attendre, les exploitants d'incinérateurs ont cloué l'étude du professeur Viel au pilori. L'un des poids lourds du secteur, la société Onyx, filiale de Vivendi, a ainsi demandé à ses chercheurs « maison » de dénicher les éventuelles erreurs commises par l'épidémiologiste. Résultat : une note confidentielle qui dénonce sans rire un « biais socio- économique ». Et d'expliquer : « Au voisinage des usines, on rencontre des gens plutôt défavorisés qui ne constituent pas un échantillon représentatif de la population »...

Jean-François Viel se retrouve également épinglé dans le dernier numéro de la revue Info Santé-Déchets. Sauf que ladite revue est éditée par le réseau Santé-Déchets, une association loi 1901 financée en partie par les industriels du secteur. C'est d'ailleurs cette même association qui avait « cornaqué » en 1999 un rapport de la Société française de santé publique (SFSP), dédramatisant l'impact sanitaire des dioxines. Coïncidence : le comité de rédaction comptait alors parmi ses membres l'actuel bras droit du directeur général de la santé, or la direction générale de la santé vient justement de demander à ses services de vérifier le travail du professeur Viel...

A l'époque, le rapport de la SFSP tombait à pic pour désamorcer la bombe lancée l'année d'avant par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Celui-ci avait en effet calculé que l'exposition de la population française à une dose de 1 pg/kg/jour de dioxine entraînait une surmortalité par cancer de 1 800 à 2 900 cas par an !

1. « Dioxines : données de contamination et d'exposition de la population française », juin 2000.


Le « sida chimique »

Sur les 200 molécules que compte la famille Dioxine, 17 sont officiellement reconnues toxiques pour l'homme. La plus redoutable de ces substances chimiques constituées en partie de chlore est la « dioxine de Seveso », du nom de la ville italienne touchée le 10 juillet 1976 par un nuage de dioxines échappé d'une usine de pesticides. Une fois dans l'organisme, la dioxine s'accumule dans les tissus adipeux. Plus de vingt ans après, on constate à Seveso une augmentation des leucémies et des cancers gastro-intestinaux. La dioxine entraîne également des dérèglements hormonaux et du système nerveux. Les enfants sont en première ligne, ils peuvent être contaminés par le lait maternel mais aussi avant la naissance, ce qui risque alors de provoquer des malformations congénitales.
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# Posté le vendredi 15 août 2008 04:32
Modifié le vendredi 15 août 2008 05:25

20000 de pcb Veolia dans le collimateur d'élus démocrates au Congrès

20000 de pcb Veolia dans le collimateur d’élus démocrates au Congrès
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Veolia dans le collimateur d'élus démocrates au Congrès

Getty Images
Le patron de Veolia Environnement, Henri Proglio, répond aux questions des journalistes lors d'une conférence de presse en septembre 2006.




Par Laurent Chabaneau
Publié le 25 juillet 2008

Le projet du groupe français Veolia de rapatrier 20 000 tonnes de déchets toxiques du Mexique fait l'objet d'une fronde au Congrès. John Dingell, puissant élu Démocrate à la Chambre des Représentants, a envoyé une lettre de protestation à l'Agence pour la Protection de l'Environnement. Réponse attendue le 4 août prochain.

John Dingell est un élu remonté. Le Représentant démocrate du Michigan a envoyé mardi une lettre à l'Agence pour la Protection de l'Environnement (EPA) pour protester contre le projet du groupe français Veolia d'importer 20 000 tonnes de déchets toxiques du Mexique pour les incinérer dans son usine de Port Arthur au Texas. Le message est fort. John Dingell est le président du comité sur l'Energie et le Commerce de la chambre des Représentants, un organe qui supervise le travail de l'EPA.

“Il est déconcertant de voir que l'EPA permettrait à une compagnie qui n'est pas connue pour son respect de l'environnement d'importer des produits chimiques toxiques dans notre pays”, écrit John Dingell. “Peut-être faudrait-il rappeler à l'EPA que l'agence travaille pour les Américains (...) et non pas pour des compagnies comme Veolia”. Gene Green et Hilda Solis, deux Représentants démocrates, se sont joints à l'appel de leur collègue du Michigan.

Le gouvernement Bush a indiqué en mars qu'il autoriserait Veolia à rapatrier jusqu'à 20 000 tonnes de PCB, alors que l'importation de ces déchets toxiques est normalement interdite aux Etats-Unis. Le ministère américain de l'Environnement a justifié sa décision en affirmant qu'il était plus sûr d'incinérer ces déchets toxiques dans une usine conçue pour cela, plutôt que de les entreposer au Mexique. Lauren Bloomberg, porte-parole du comité sur l'Energie et le Commerce, indique que l'EPA a désormais jusqu'au 4 août pour répondre à John Dingell et à ses deux co-signataires. Une décision finale est attendue d'ici la fin de l'année.

Contacté par France-Amérique, Mitch Osborne, administrateur de l'usine d'incinération de Veolia à Port Arthur, n'a pas encore pris position. Il a cependant été cité cette semaine dans le Houston Chronicle et a assuré que le processus de destruction des déchets ne poserait pas de problèmes sanitaires pour les habitants de Port Arthur. Les oppoosants au projet de Veolia estiment qu'il y a d'autres moyens plus sûr de s'attaquer aux déchets toxiques. Ils prétendent que l'incinération du PCB produit de la dioxine et peut notamment provoquer des cancers et des problèmes cérébraux.

Lauren Bloomberg affirme que le comité sur l'Energie et le Commerce n'a pas encore déterminé son plan d'action pour les prochaines semaines et qu'aucune audience n'a pour l'instant été fixée. L'attachée de presse dit cependant que le comité a l'intention d'exercer un contrôle “vigoureux” sur le projet de Veolia.
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# Posté le lundi 28 juillet 2008 05:01

couloirs des cancers par les pcb

Veolia impliqué dans une controverse aux Etats-Unis
20/06/2008 11:57


Analyserpar Claire Avignon
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Le «couloir du cancer», c'est le surnom donné à Port Arthur, une ville du Texas qui accueille raffineries, usines chimiques et installations des déchets. Selon le New York Times (1), Veolia souhaite éliminer 20.000 tonnes de polychlorobiphényles (PCB) produites à Mexico, ce qui met en colère des élus locaux qui menacent d'aller devant la justice. Ces molécules sont cancérogènes et reprotoxiques, et causent des dommages au cerveau et au foie. La population de Port Arthur, à majorité afro-américaine, a déjà un taux de cancer 20% plus élevé par rapport à la moyenne du Texas.

Il existe une interdiction fédérale d'importer des PCB aux Etats-Unis. Mais Veolia a fait une demande d'exemption auprès de l'Agence de protection de l'environnement (EPA). Le géant français souhaiterait transporter par camions ces déchets dangereux et les brûler dans son incinérateur proche de Port Arthur qui élimine les PCB américains depuis 1992.

L'EPA avait donné un avis positif provisoire en mars, et devrait publier sa décision finale en août. L'agence est soutenue par une ONG environnementale, le Natural resources defense council, qui préfère une incinération propre à un stockage temporaire qui pose «des risques environnementaux immédiats». D'autres associations, au contraire, parlent de problèmes de fonctionnement de l'installation d'incinération de Veolia.

Selon Veolia, les PCB produits à Mexico sont actuellement exportés en Europe, pour un coût trois fois plus élevé.

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# Posté le lundi 23 juin 2008 05:03