l'etat français veux fermer la bouche des lanceurs d'alertes

< Lanceurs d'alerte scientifique >



Communiqué de presse - Paris, 3 juin 2008


LA FONDATION SCIENCES CITOYENNES SOUTIENT VÉRONIQUE LAPIDES ET DEMANDE UNE LOI POUR PROTÉGER LES LANCEURS D'ALERTE


3 juin 2008


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À l'occasion d'un nouveau procès en diffamation contre un lanceur d'alerte, la Fondation Sciences Citoyennes réaffirme la nécessité d'une loi protégeant scientifiques et citoyens de représailles, conformément aux engagements du Grenelle de l'Environnement. Une telle loi devrait également permettre le traitement des alertes sanitaires ou environnementales selon un processus d'expertise contradictoire, pluraliste et transparent.



Suite au recensement en 2001 de plusieurs cas de cancers d'enfants de moins de 6 ans, le Collectif Vigilance Franklin, association de riverains et de parents d'élèves, réclame la dépollution d'un ancien site industriel Kodak à Vincennes sur lequel ont été construits une école, des logements et des bureaux.

Pourtant, le 6 juin 2008 à 13h30, suite à la plainte en diffamation du maire de Vincennes, Véronique Lapides, présidente de l'association, doit comparaître devant le Tribunal correctionnel de Créteil, le Collectif Vigilance Franklin ayant cosigné un tract mettant en cause la préfecture et la mairie pour leurs refus de prendre leurs responsabilités quant à la nécessaire dépollution du site.

La Fondation Sciences Citoyennes apporte son soutien à Véronique Lapides et au Collectif Vigilance Franklin en rappelant que les études menées par l'industriel Kodak ont montré une pollution des sols et de la nappe phréatique et que les études épidémiologiques menées sur la période 1995-2001 attestent d'un excès de cas de cancers de l'enfant de moins de 6 ans.

André Cicolella, membre fondateur de la Fondation Sciences Citoyennes, rappelle à ce sujet que « le cancer de l'enfant progresse régulièrement en Europe de 1% par an » et que « toute alerte comme celle lancée par Véronique Lapides et les parents d'élèves de l'école Franklin Roosevelt peut permettre de comprendre l'origine de cette situation dramatique et d'en réduire les effets. C'est pour cela qu'il faut une loi qui protège tous les lanceurs d'alerte, qu'ils soient scientifiques ou citoyens ».

Plus largement, la Fondation Sciences Citoyennes rappelle au gouvernement les engagements pris dans la loi de programmation Grenelle I présentée par Jean-Louis Borloo en mai dernier à savoir : « l'expertise publique en matière d'environnement et de développement durable, ainsi que l'alerte environnementale seront réorganisées dans un cadre national pluraliste et multidisciplinaire, dont la gouvernance impliquera toutes les parties prenantes au Grenelle de l'Environnement » ; « les règles relatives aux agences d'expertise prévoiront une possibilité de saisine par les associations agréées. La création d'une fonction de médiation des conflits sur l'expertise et l'alerte environnementale, ainsi que celle d'un garant de la transparence et de la déontologie des expertises seront étudiées ».

« Après les procès récents d'Étienne Cendrier (pollution électromagnétique) et de Pierre Meneton (excès de sel dans l'alimentation), après les désagréments rencontrés par le biologiste Christian Vélot pour ses prises de position contre les OGM, une protection des lanceurs d'alerte apparaît plus que jamais urgente », déclare Jacques Testart, président de la Fondation Sciences Citoyennes.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Paris, 3 juin 2008


Fondation Sciences Citoyennes
29 rue des Cascades, 75020 Paris – http://sciencescitoyennes.org – tél. 09 54 06 54 09


Contacts
Véronique Lapides – cvfcontact@gmail.com – tél. 06 87 07 60 61
André Cicolella – Andre.Cicolella@ineris.fr – tél. 06 21 81 70 34
Fabien Piasecki – fabien.piasecki@sciencescitoyennes.org – tél. 06 63 08 58 14


# Posté le dimanche 08 juin 2008 03:42

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 17:12

la famine gagne le monde

la famine gagne le monde
La famine gagne le monde et
les affameurs triomphent !!!
Quel rapport pensez-vous avec notre titre et les UIOM ??? Rappelons qu'une tonne
d'OM génère plus du tiers en déchets –– + 350 k., –– contenant dans les poussières
et mâchefers formés dans l'enfer du feu, des molécules dangereuses : Dioxines et
furannes non analysées en totalité et non quantifiées. Pourquoi ??? Le résultat est
évidemment connu !!! Ainsi l'incinérateur de Brest brûle 130 000 tonnes de déchets
par an et rejette plus de 45 000 tonnes de résidus : mâchefers, REFIOM, mille fois
plus empoisonnés que les OM. Ces miasmes d'incinérateur, toxiques, mortels dans le
corps humain, –– même de nombreuses années après, –– vont imposer des outils
coûteux, aussi polluants que leur père infectueux : plates-formes de traitement de
mâchefers et décharges de classe I, celles de classe II étant trop peu fiables, –– voir
les analyses réalisées lors de thèses présentées par de futurs docteurs en chimie,
courriel 37 ; –– la classe 'I' s'impose donc !!!
Comme le veut la logique, les outils des sociétés privées doivent se retrouver dans
leurs zones industrielles spécialisées, mais pas, par un tour de passe-passe, installés
dans les champs !!! Pour détourner le veto de la SBAFER, les terres sont louées à
un agriculteur peu scrupuleux, voulant gonfler sa retraître !!! Il oublie sans doute,
qu'intéressé au bénéfice, il sera aussi le responsable en cas de problèmes, car il
devient après le bail, propriétaire des déchets et lui, il n'a évidemment pas l'armada
d'avocats à son service !!!
Le monde crie famine, aggravée par le changement climatique, et nos meilleures
terres agricoles à Plourin, à Plabennec, à Plouray, vont produirent des poisons au lieu
de nourrir environ 14/15 personnes par hectare de blé !!! Plouray 165 h X 14 = 2310
personnes sauvées de la famine par an !!! Nous n'inventons rien, voir :
http://museum.agropolis.fr/pages/expos/nourrirleshommes/pdf/Nourrir_les_hom
mes.pdf Devant cet égoïsme de nantis, le maire de Plouray, le Préfet, les
responsables de chambres d'agriculture et autres oseront-ils regarder les enfants
affamés d'Afrique et du monde entier au fond des yeux !!! Leur conscience les
lâchera-t-elle ??? Quant aux porteurs de projets, le problème ne se pose plus, ils ont
franchi le pas et fait leurs preuves : condamnés, le scrupule n'existe plus !!!
 OM, Ordures Ménagères. –– UIOM, Usine d'Incinération d'Ordures Ménagères.
 REFIOM, Résidus d'Epuration des Fumées d'Incinération d'Ordures Ménagères.
CEE : Les pollueurs seront jugés comme CRIMINELS !!!
Comme GADEF l'a annoncé dans ses courriels : 36/37, l'INVS officialise, ––
contraint, forcé et rattrapé par la vérité scientifique, –– le risque accru de
développer divers cancers autour d'un incinératueur ; le modèle est Besançon
considéré aux normes. L'augmentation de ce risque est en moyenne +20 à +25 %
et se trouve multipliée par trois, quatre, pour les UIOM hors normes, soit, tous les
petits incinératueurs, Halluins, Gilly, Nivillac, Maincy, Plougoulm et les autres.
Leur impossibilité à atteindre les normes était bien connue. Suite à cet aveu, nous
posons la question : Comment se fait-il que pas un seul responsable politique,
juridique ou administratif ne se soit excusé d'avoir soutenu bec et oncles ces
incinéra-tueurs et les sociétés privés en dysfonctionnements ??? Pourquoi
celui qui est allé pleurer à la CEE, pour que les normes européennes ne soient pas
appliquées, se tait ??? N'est-il pas concerné par les malheurs que subissent
certains riverains ??? Quel est donc le sabot qui bloque tous ces responsables ???
Est-ce celui de Denver ou celui de Noël, celui qui reçoit tous les cadeaux ???
Comme en 14/18, où les généraux ineptes envoyaient à la mort leurs soldats au
nom de leur gloire, Gadef, dès la diffusion des premiers courriels d'informations,
pressentait l'existence d'une 'PART DU DIABLE' !!! Qu'ainsi, autour de ces
incinéra-tueurs, plates-formes, décharges, un nombre de citoyens avait été
condamné en connaissance de cause !!! Pour apporter un début de réflexion, nous
avions vulgarisé le dossier de l'Ecole des Mines. Dont voici le lien :
http://wwwcep.ensmp.fr/francais/themes/impact/pdf/RablSpadaro&Desaigues1998FR.pdf
N'ayez pas peur de l'ouvrir, il doit être très important pour qu'apparaisse la
dissuasion (Attention en ouvrant ce dossier...) les autorités se moquent de nous !!!
Ce dossier a été fait sans état d'âme, avec une froideur inhumaine, indigne,
rappelons, qu'avant l'existence du ministère de l'Ecologie, cette école gérait les
sites et sols pollués en France. La CEE n'est pas dupe des manoeuvres des
ministères de l'environnement ou de l'écologie se succédant dans l'inconsistance,
elle les sait pollués par le lobbying forcené des sociétés privées. Alors, la CEE
prend des dispositions qui vont donner à réfléchir aux voyous pollueurs et à leurs
protecteurs politiques et administratifs, avec les pollueurs des Mers, tous sont
aujourd'hui passibles d'être jugés comme des CRIMINEIS, lien : Info/Actualite-
Economie-et-Societe/Environnement/Les-crimes-contre-l-environnementdesormais-
au-penal-en-Europe/(gid)/136734 + http://www.toogezer.com/content/tview/604
D'ailleurs, dans quelques décennies, comment seront perçus ces affreux
personnages par leur propre descendance ??? A leur nom, ne seront-ils pas
tentés de coller cet adjectif : CRIMINEL !!!
La 'classe-action' va se mettre en place et de grandes procédures s'annoncent
pour le futur proche, à bientôt : SUS aux CRIMINELS !!!
(––– Toutes nos adresses sont liées par Internet, un clic ouvre le dossier en bleu foncé.–-–)
. Sites recommandés : http://www.adpnp.fr/ http://www.acarpe.fr/ Plouray e.mail : npcb56@orange.fr
http://incineration29.skyblog.com/ http ://epkg.free.fr/
Contact :mailto:mailto:assos.gadef@gmail.com
GADEF : Groupe d'Associations de Défense de l'Environnement du Finistère. ––

# Posté le mardi 27 mai 2008 14:20

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 17:13

quoi de plus en france que ce qui s'est passé en afrique causé par cette societe

quoi de plus en france que ce qui s'est passé en afrique causé par cette societe
date non conforme photo de 2006,appareil pas a la date voulu

Bonsoir Roger et merci.

C'est plus que navrant, angoissant.
Comment peuvent-ils se regarder dans une glace ?
Et cet anonyme a publié cela où ?

J'ai envoyé le http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=10692
Faites-le savoir à vos associations, qu'elles diffusent et signent la pétition....
Où que ce soit en Bretagne je crois qu'on est tous concernés pareil

Il y a beaucoup de choses dans le PDF2 de l'article que l'on retrouve ici.
il faut envoyer ce texte aussi à
npcb56@orange.fr
le mail de l'association de Plouray, et à la mairie de Plouray.



Le 14 mai 2008 00:15, assos.gadef <assos.gadef@gmail.com> a écrit :

3 - Les déchets du Probo Koala vont être traités en Isère
par Anonyme, le Dimanche 27 Mai 2007, 15:05
Les déchets du Probo Koala vont être traités en Isère
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Après avoir fait 10 morts et des milliers d'intoxiqués en Côte d'Ivoire, les déchets toxiques déversés à Abidjan l'été dernier sont amenés en France pour être traiter dans un centre spécialisé, en Isère.
Mais sur place, les associations demandent des garanties car cette affaire de déchets reste trouble.
Le premier navire transportant les déchets toxiques qui ont provoqué la mort de dix personnes fin août à Abidjan, en Côte d'Ivoire, en intoxiquant près de 50 000 autres, est au Havre depuis mardi matin.
Les déchets sont conditionnés dans 142 conteneurs et 38 citernes fermés qui seront stockés provisoirement au Havre par la société Sogestran spécialisée dans la manutention de produits pétroliers et chimiques.
Ils devraient être ensuite acheminés à Salaise-sur-Sanne (Isère) afin d'être incinérées dans dans les installations de la société Trédi, une filiale du groupe Séché.
Son Pdg, Joël Séché, a assuré qu'une chaîne de traçabilité « continue » avait été mise en place, de la dépollution en Côte d'Ivoire jusqu'à l'incinération en France. L'homme d'affaire n'a pas hésité à déclarer : « Il s'agit de la première intervention humanitaire écologiste d'ampleur dans le monde ». Pour le ministre de l'Environnement, l'opération se veut « un acte de solidarité avec les ivoriens qui ont connu des moments douloureux et des victimes. »
A Salaise-sur-Sanne, les habitants veulent des garanties
L'association Vivre Ici, vallée du Rhône Environnement s'insurge également contre le fait que le continent africain soit une fois encore utilisé comme poubelle, tout comme le syndicat Cgt de Tredi. Toutefois, elle estime difficilement crédibles les proclamations écologico- humanitaires du Pdg de Tredi, et les assurances de transparence du ministre.
Ainsi, selon cette association, membre de la commission locale d'information (Cli), les résultats de émissions de dioxines en sortie de cheminée de l'incinérateur de Salaise-sur-Sanne n'ont pas été communiquées en réunion de Cli depuis 2004. Ni les rapports sur les contrôles d'étanchéité des grandes fosses à déchets dont le béton attaquable par les acides peut être à la source d'une pollution de la nappe phréatique.
L'association s'interroge également depuis plusieurs années sur le bon fonctionnement de l'incinérateur et sur la capacité des pouvoirs publics à faire respecter les lois.
Pour sa part, le syndicat Cgt de Tredi Salaise rappelle dans un communiqué que l'entreprise est « capable de traiter ces polluants, c'est d'ailleurs son métier. Son personnel est qualifié pour le traitement de ce type de produits ».
Il précise : « Quant aux questions environnementales justement posées, le syndicat Cgt par le biais de ses représentants au sein du comité hygiène et sécurité, du comité d'entreprise, des délégués du personnel veillera comme il le fait depuis de nombreuses années au respect de la réglementation (arrêté préfectoral) et alertera qui de droit en cas de dérive. Nous demandons plus de transparence et plus de communication envers les populations environnantes en réunissant la Commission Locale d'Information et envers le personnel par le biais des instances représentatives. »
Trop de tromperies dans cette affaire
Un besoin de transparence qui contraste avec le côté glauque de cette catastrophe sanitaire et écologique. Au départ, il y a la société de courtage hélvético- néerlandaise, Trafigura Beheer BV, affréteur du Probo Koala, censé transporter du brut et de l'eau additionné de soude en cas d'opération de vidange. Les lois internationales lui interdisent déjà de se débarrasser de sa soupe toxique hors de décharges appropriées. Et moins encore dans des quartiers habités, même s'il s'apparentent malheureusement à des décharges, comme ce fut le cas à Abidjan.
Toutes choses que n'ignorent pas les dirigeants de Trafigura Beheer BV qui se sont déclarés « choqués » lorsque les autorités ivoiriennes ont interpellé - tout en démissionnant quelques ministres locaux - deux de leurs principaux cadres.
Claude Dauphin, cofondateur de la société, et son responsable pour l'Afrique de l'Ouest Jean-Pierre Valentini sont français. Claude Dauphin est également l'actionnaire principal de Guy Dauphin Environnement « leader français du recyclage » de métaux ferreux et non ferreux. A noter que Guy Dauphin Environnement est également implanté à Salaise-sur-Sanne.
La multinationale de négoce clame son innocence en déclarant qu'elle avait bien spécifié à la société ivoirienne Tommy d'éliminer ces déchets « conformément aux loi du pays ».
Il y a bien eu transformation des produits
On sait un peu mieux aujourd'hui ce que contenait réellement les soutes du Probo Koala. Après avoir affirmé que le navire n'avait contenu que du pétrole brut, mélangé à de l'eau et de la soude caustique, des sloops, résultant du nettoyage des cuves Trafigura, Eric de Turckheim, son directeur financier, a reconnu qu'une opération (ou plusieurs) de transformation de naphte avait bien eu lieu à bord du Probo Koala, en pleine mer, quelques semaines avant le désastre.
Ce qui expliquerait notamment la présence de sulfure d'hydrogène qui a de forte probabilité d'être une des causes de l'empoisonnement massif.
Eric de Turckheim a fondé Trafigura en 1993 avec Claude Dauphin. Il a été formé à l'école de l'homme d'affaires américain Marc Rich fondateur de Glencore qui acheta et liquida société française Metaleurop SA, et sa filiale Metaleurop nord.
Pour mémoire on rappellera que Marc Rich, a été condamné 325 ans de prison puis gracié in extremis par Bill Clinton.
Il est connu comme l'inventeur du préfinancement des revenus pétroliers. Mécanisme par lequel les pays africains s'endettent sur leurs revenus futurs, souvent au bénéfice de quelques dirigeants.
En Afrique du Sud et au Congo notamment on lui reproche sa propension à multiplier les sociétés écrans pour dissimuler des fraudes et des rachats de réserves pétrolières à bas prix.
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# Posté le samedi 17 mai 2008 16:50

Modifié le mardi 20 mai 2008 02:49

ce que cachent les societes dites de l'environnement

ce que cachent les societes dites de l'environnement
Société08/12/2000 N°1473 Le Point

Dioxine - Le rapport qui ne dit pas tout
Etrange optimisme d'un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) consacré au degré d'exposition de la population française à la dioxine, un sous-produit industriel ultratoxique. La réalité serait bien plus inquiétante.
Imprimez Réagissez Classez La dioxine est une substance dangereuse pour l'homme, une molécule ultratoxique qui favorise le développement de cancers et provoque, à des concentrations infinitésimales, de l'ordre du picogramme (c'est-à-dire du millionième de millionième de gramme), des troubles hormonaux et neurologiques. Chaque année en France, les cheminées des incinérateurs d'ordures ménagères et les aciéries recrachent environ 300 grammes de dioxines. Pourtant, les pouvoirs publics se veulent rassurants. Au ministère de l'Environnement, on s'empresse de rappeler que, depuis trois ans, les émissions industrielles de dioxines ont été réduites de 50 %. Officiellement, l'Hexagone n'a donc pas à craindre le « sida chimique », comme l'appellent les toxicologues. C'est en tout cas ce que laisse entendre le récent rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) consacré aux dioxines (1), lorsqu'il conclut que l'exposition moyenne de la population française « est proche de l'objectif de qualité recommandé par l'Organisation mondiale de la santé [OMS] ». Sauf que le chiffre d'exposition avancé par l'Afssa (1,3 picogramme par kilogramme de poids corporel et par jour) est à prendre avec des pincettes. « Le ministère de la Santé a manipulé les chiffres de contamination des Français par les dioxines », dénonce Pierre-Emmanuel Neurhor, directeur du Centre national d'information indépendante sur les déchets (CNIID), une association qui a fait des dioxines son cheval de bataille. Et de pointer du doigt un étrange oubli : les polychlorobiphényles, plus connus sous le nom de « PCB », sont ainsi passés à la trappe alors qu'il s'agit de molécules « soeurs » des dioxines, qui doivent être obligatoirement prises en compte dans le calcul d'exposition, comme l'a confirmé au Point le docteur Maged Younes, chef de l'unité Evaluation des risques et méthodologies à l'OMS.

Après les révélations du CNIID, l'Afssa a d'ailleurs discrètement corrigé le tir en mettant sur son site Internet un rectificatif qui reconnaît l'erreur et précise qu'il ne s'agit « en aucun cas d'une volonté de sa part de minimiser les chiffres ». Il n'empêche que l'omission des PCB avait pour effet de diviser quasiment par deux l'exposition moyenne des Français !

Et ce n'est pas tout. Lorsque l'on épluche le rapport de l'Afssa, on découvre d'autres bizarreries qui font toutes pencher la balance du même côté. Les enfants de moins de 2 ans ont ainsi été écartés d'office des calculs de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Pourtant, durant l'allaitement, la jeune maman évacue, via le lait, une partie des dioxines stockées dans son corps, ce qui entraîne une surexposition du nourrisson, qui doit être prise en compte lorsque l'on fait le total des dioxines encaissées sur une vie entière. Résultat : « 5 % de contamination évaporée », selon le CNIID. Questionnée sur le sujet, l'Afssa se justifie en invoquant un partage des rôles avec l'Institut national de veille sanitaire, chargé d'une étude consacrée à l'exposition des nouveau-nés.

Autre anomalie : les dioxines que nous respirons sont passées à l'as, l'Afssa n'ayant comptabilisé que celles que nous avalons. Logique de la part d'une agence de sécurité des aliments. Sauf que nos poumons attrapent, selon les estimations, jusqu'à 10 % des dioxines qui nous menacent... Cerise sur le gâteau, l'Afssa n'a pas pris en compte les nouvelles normes de toxicité des dioxines fixées par l'OMS en 1997. Et pour cause, les 450 niveaux de contamination des aliments dont elle dispose ont été calculés deux ans plus tôt par le ministère de l'Agriculture et la Répression des fraudes. Dommage, parce que lesdites normes révisent à la hausse la toxicité des dioxines de 10 % !

les raisons d'un enterrement

Bref, le CNIID a beau jeu de faire remarquer que l'exposition des Français est près de quatre fois supérieure à celle affichée dans le rapport de l'Afssa. Ce qui nous fait franchir la ligne rouge de 4 picogrammes par kilogramme de poids corporel par jour (pg/kg/jour), instituée par l'OMS. Sachant que la dose journalière admissible à partir de laquelle débutent les risques cancérogènes et neurologiques est de 1 pg/kg/jour... En fait, comme le reconnaît le professeur Jean-François Narbonne, qui milite depuis des années pour une réduction des rejets de dioxines et qui préside le groupe de travail Contaminants et phytosanitaires à l'Afssa : « Le chiffre de 1,3 pg que nous avançons dans le rapport est une estimation très relative. » Et de préciser : « Compte tenu de la marge d'erreur qui pèse sur ce type de calculs, l'exposition moyenne des Français se situe quelque part entre 2 et 5 picogrammes. » Sauf que, lors de la sortie du rapport, les pouvoirs publics ont présenté aux médias le chiffre de 1,3 pg/kg/jour comme preuve irréfutable de la faible exposition de la population aux dioxines. Idem pour les 5 % de Français les plus contaminés, qui affichent, selon l'Afssa, 2,52 pg/kg/jour, mais se retrouvent à 9,4 pg/kg/jour après que le CNIID eut refait les calculs ! Soit trois millions de personnes potentiellement exposées à deux fois le taux limite fixé par l'OMS...

En fait, comme l'indique Martin Hirsch, l'actuel directeur de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, « la dioxine est un sujet sensible ». Pour preuve, l'enterrement de première classe qui fut réservé en 1991 au rapport du Conseil supérieur d'hygiène publique de France, commandé par le ministère de la Santé, qui proposait de diviser par deux la dose journalière admissible. « La norme de l'OMS était à l'époque de 10 picogrammes, mais elle ne prenait pas en compte les effets immunitaires, endocriniens et neurologiques de la dioxine. Or des études sur des macaques publiées en 1989 aux Etats-Unis montraient qu'une exposition importante à la dioxine pouvait générer des retards mentaux », explique André Picot, directeur de l'unité de recherche CNRS sur la prévention du risque chimique.

Il faut dire que le rapport tombait au moment où nombre d'incinérateurs étaient en projet un peu partout en France. Trois ans plus tard, l'Académie des sciences publiait à son tour une étude qui minimisait la toxicité des dioxines et concluait que ces dernières ne constituaient pas un risque majeur pour la santé publique. « Alors que j'avais été chargé d'évaluer l'aspect immunotoxique des dioxines, mes contributions ont été refusées et mon nom a été retiré de la liste des experts... » indique le professeur Picot.

Aujourd'hui, c'est le professeur Jean-François Viel, épidémiologiste à la faculté de médecine de Besançon et auteur de l'enquête retentissante sur les cancers de l'usine nucléaire de la Hague, qui se retrouve sur la sellette pour un article publié en juin dernier dans l'American Journal of Epidemiology, première revue mondiale d'épidémiologie. « En épluchant le registre des cancers du Doubs, nous avons observé, à proximité de l'incinérateur des déchets ménagers de Besançon, des concentrations de cancers des ganglions lymphatiques et des tumeurs cancéreuses dans les muscles », explique Jean-François Viel, qui, prudent, refuse pour le moment d'établir une relation de cause à effet. « Pour en avoir le coeur net, il faudrait regarder le taux de dioxines dans le sang des personnes qui ont développé un cancer suspect. Le problème est que, pour une seule analyse de ce type, il faut débourser de 6 000 à 7 000 francs. Nous cherchons actuellement les fonds. » Dans un rapport rendu public le mois dernier, intitulé « Dioxines dans l'environnement, quels risques pour la santé ? », l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) recommandait d'ailleurs aux pouvoirs publics d'effectuer à l'échelon national des dosages sanguins afin de connaître l'imprégnation exacte de la population française par les dioxines...

Contre-attaque très orientée

Mais, sans attendre, les exploitants d'incinérateurs ont cloué l'étude du professeur Viel au pilori. L'un des poids lourds du secteur, la société Onyx, filiale de Vivendi, a ainsi demandé à ses chercheurs « maison » de dénicher les éventuelles erreurs commises par l'épidémiologiste. Résultat : une note confidentielle qui dénonce sans rire un « biais socio- économique ». Et d'expliquer : « Au voisinage des usines, on rencontre des gens plutôt défavorisés qui ne constituent pas un échantillon représentatif de la population »...

Jean-François Viel se retrouve également épinglé dans le dernier numéro de la revue Info Santé-Déchets. Sauf que ladite revue est éditée par le réseau Santé-Déchets, une association loi 1901 financée en partie par les industriels du secteur. C'est d'ailleurs cette même association qui avait « cornaqué » en 1999 un rapport de la Société française de santé publique (SFSP), dédramatisant l'impact sanitaire des dioxines. Coïncidence : le comité de rédaction comptait alors parmi ses membres l'actuel bras droit du directeur général de la santé, or la direction générale de la santé vient justement de demander à ses services de vérifier le travail du professeur Viel...

A l'époque, le rapport de la SFSP tombait à pic pour désamorcer la bombe lancée l'année d'avant par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Celui-ci avait en effet calculé que l'exposition de la population française à une dose de 1 pg/kg/jour de dioxine entraînait une surmortalité par cancer de 1 800 à 2 900 cas par an !

1. « Dioxines : données de contamination et d'exposition de la population française », juin 2000.


Le « sida chimique »

Sur les 200 molécules que compte la famille Dioxine, 17 sont officiellement reconnues toxiques pour l'homme. La plus redoutable de ces substances chimiques constituées en partie de chlore est la « dioxine de Seveso », du nom de la ville italienne touchée le 10 juillet 1976 par un nuage de dioxines échappé d'une usine de pesticides. Une fois dans l'organisme, la dioxine s'accumule dans les tissus adipeux. Plus de vingt ans après, on constate à Seveso une augmentation des leucémies et des cancers gastro-intestinaux. La dioxine entraîne également des dérèglements hormonaux et du système nerveux. Les enfants sont en première ligne, ils peuvent être contaminés par le lait maternel mais aussi avant la naissance, ce qui risque alors de provoquer des malformations congénitales.

# Posté le jeudi 24 avril 2008 04:48

Incinérateurs : moratoire ou pas ?

Dechets / Recyclage - Article publié le : 14/04/2008




Les résultats définitifs de l'étude menée ces dernières années par l'InVS, sur les liens avérés entre incinérateurs et cancers, relancent plus que jamais la question d'un moratoire sur la construction de nouvelles usines en France.

Il semble qu'il n'y ait pas d'éléments nouveaux dans les résultats définitifs de cette étude de l'Invs. La réglementation actuelle est suffisante et n'a donc pas besoin d'être modifiée , a déclaré Jean Marie Lejeune, le Président du SVDU (Syndicat National du traitement et de la Valorisation des Déchets Urbains et assimilés), au cours d'une conférence de presse qui clôturait, mardi 08 avril, une demi-journée d'échanges et d'information organisée par le syndicat sur le thème Quelle gouvernance pour l'incinération ? Pourtant, la publication de cette étude fait grand bruit.
Pour le docteur Jean-Michel Calut, à la tête de la Coordination Médicale Nationale Santé Environnement (CNMSE), la réaction du SVDU est choquante : On se moque du monde ! La nouveauté c'est que, désormais, ce sont les polluants issus de l'incinération des déchets, et pas seulement les dioxines, qui pourraient avoir un impact grave sur les riverains. Ce n'est pas une information anecdotique, loin de là !
Que disent les conclusions de cette étude ? Celle-ci a porté sur 135.567 cas de cancer apparus entre 1990 et 1999 dans quatre départements (l'Isère, le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et le Tarn) où 16 incinérateurs étaient en fonctionnement entre 1972 et 1985. Elle révèle, au final, que les personnes ayant vécu dans les années 1980 à proximité d'un incinérateur présentent aujourd'hui des risques accrus de développer un cancer. Le facteur de risque s'accroît ainsi de 22% pour les sarcomes des tissus mous, ou encore de 16% pour les cancers du foie. Si la tentation est grande de transposer ce lien à la situation actuelle, l'INVS se veut prudent et précise que cette étude porte sur une situation passée, ces résultats ne peuvent pas être transposés aux situations actuellement générées par les incinérateurs, moins polluants et mieux contrôlés qu'auparavant. Depuis le 28 décembre 2005, les incinérateurs d'ordures ménagères doivent désormais respecter la directive européenne 2000/76/CE du 4 décembre 2000, qui renforce les mesures de sécurité dans les installations existantes. Outre les polluants classiques (poussières, métaux, HCl, HF, SO2, COV, CO), ce texte vise plus particulièrement les NOx et les dioxines / furannes. Elle instaure des valeurs limites d'émissions polluantes, notamment pour les métaux lourds et les dioxines. Pour les dioxines, la norme est désormais de 0,1 nanogramme par mètre cube de fumée. La norme en NOx est fixée à 200 mg/Nm3 pour les usines de plus de 6T/h et de 400 mg/Nm3 pour les moins de 6T/h. Le Centre national d'information indépendante sur les déchets (CNIDD) indique toutefois que seuls 20 composés pour les rejets atmosphériques ont été retenus dans les normes, notamment 12 métaux lourds comme le mercure ou le plomb. Selon l'association, la liste des polluants non assujettis à des normes est encore plus longue.

Doit-on dès lors, continuer à construire de nouveaux incinérateurs ? La question n'avait pas été tranchée au cours du Grenelle de l'Environnement. Sur la même longueur d'onde que le CNIID, le Dr Jean-Michel Calut estime pour sa part que le principe de précaution doit s'appliquer : A l'avenir, nous découvrirons probablement que les normes de 2008 n'étaient pas assez strictes . Et d'ajouter, un rien provocateur : Si on écoute les industriels, les fumées de cheminées ne seraient désormais plus composées que de H2O. Que de l'eau potable au fond ! Pourquoi, dans ce cas, ne pas les transformer, les recycler et la consommer ? Ajoutant : Une tonne de déchets ménagers incinérés produisent 300 kg de mâchefers imprégnés de produits toxiques, 30 kg de résidus de fumés et 670 kg de matières qui partent sous forme de molécules dans l'atmosphère. Or nous n'avons analysé, à ce jour, que 50 de ces 2000 molécules répertoriées... Pour le Docteur Roux, médecin consultant pour le SVDU, il n'y a au contraire pas de raison de s'affoler : Les prélèvements d'urine qui ont été faits près des usines montrent qu'aujourd'hui il n'y a plus de différence entre ceux qui vivent près des usines et ceux qui vivent plus loin .

Quels effets sur l'environnement ?

Réunis mardi devant la presse, les professionnels de l'incinération ont cherché à rassurer, se présentant comme une filière parmi d'autres dans le paysage des déchets en France , selon le Président de la SVDU. Le syndicat a souhaité à cette occasion lutter contre les idées reçues et donner des gages de bonne volonté en multipliant les témoignages d'industriels (Tiru, Sivert, Veolia...), tous soucieux de communiquer davantage avec les associations environnementales et les élus locaux. Pour Jean Mary Lejeune, le Président du SVDU, les industriels jouent la transparence : Il nous faut encore développer les CLIS car ces structures locales permettent un dialogue efficace entre tous les partenaires. Pour la dioxine, nous devons fournir en continu nos informations, y compris sur des tableaux numériques à la sortie des usines . Pour Bruno Rebelle, ancien Directeur de Greenpeace France et ancien conseiller de Ségolène Royal en 2007, le SVDU doit faire valoir ses atouts. Désormais consultant indépendant, il a prescrit aux industriels quelques conseils : Pour regagner la confiance de l'opinion publique, vous devez mettre en avant la valorisation énergétique de vos usines et expliquer que la dioxine ne vient pas que de vos cheminées... Nettement moins conciliant, Sébastien Lapeyre du CNIID rappelle que le tri et le recyclage sont les priorités qui ont été fixées par le Grenelle de l'Environnement. De plus, il dénonce la place trop importante accordée à l'incinération pour les déchets municipaux : En 2005, 50% d'entre eux étaient brûlés, c'est beaucoup trop ! Certaines collectivités re-mélangent même parfois leurs déchets, pourtant triés, afin d'alimenter leur incinérateur.

L'incinération reste très rentable

Pour le CNIID, les professionnels français de l'incinération, véritables aspirateurs de déchets pour certains, n'ont pas intérêt à réduire la quantité de déchets produits dans un pays où 43 % des déchets sont traités en incinérateur : Une fois construits, ces monstres doivent être nourris pendant 25 ans pour devenir rentables .
Dans tous les cas, une chose est sûre, avec une production de déchet en hausse, le marché se porte bien. Si aucun moratoire n'a été décidé pendant le Grenelle, la quantité de déchets destinés à l'enfouissement ou à l'incinération devra diminuer de 15 % à l'horizon 2012.
Concernant la TGAP, dont la l'application, a été décidée pendant le Grenelle pour financer la promotion du recyclage en France, celle-ci ne pourra monter au-dessus de 10 euros/tonne incinérée. Pour le CNIID, ce chiffre a été choisi sans tenir compte des projections que le MEDAD avait pourtant réalisé avec une TGAP fixée à 20 euros. Pour plaisanter, le Président du SVUD a d'ailleurs suggéré que l'argent collecté grâce à cette nouvelle taxe puisse être utilisé pour financer les très faibles coûts (1euro/tonne) investis par les industriels dans les systèmes de contrôle et d'analyse permettant d'assurer la traçabilité des dioxines. Un trait d'humour qui a piqué Bruno Rebelle à vif : Cette plaisanterie révèle un état d'esprit : Les industriels aimeraient bien se débarrasser du problème de la dioxine et ne savent pas comment faire. Ce genre de propos, c'est sûr, n'ont pas leur place dans la bouche de quelqu'un qui prône une nouvelle gouvernance . Un sentiment que partage la Coordination nationale médicale Santé et Environnement, un collectif de 3000 médecins. Celle-ci réclame, à nouveau depuis cette semaine, un moratoire sur la construction de nouvelles usines.

Il apparaît décidemment plus que jamais indispensable de réduire la production de déchets !

M.DUCHESNE

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# Posté le lundi 14 avril 2008 17:35

Modifié le mercredi 16 avril 2008 18:41