pollution par les pcb

pollution par les pcb
« “Elastic mind”PCB: les voyants passent au rouge
WWF et l'Association Santé-Environnement Provence (ASEP), constituée de 300 médecins de la région ont lancé mardi leur propre étude d'imprégnation sur l'impact de la pollution aux PCB (polychlorobiphényles, ou pyralènes) dans le Rhône.

C'est la première étude en France sur les effets des PCB sur l'être humain.

Les PCB, huiles chimiques utilisées notamment dans les transformateurs électriques, ont été interdits en France en 1987 et reconnus cancérigènes. Ils font partie des POPs, polluants organiques persistants, douze substances chimiques hautement dangereuses répertoriées par l'ONU, autrement nommés les douze salopards.

Cet été les arrêtés d'interdiction de consommation des poissons se sont multipliés tout le long du fleuve. Dans la Seine, l'anguille est interdite à la consommation depuis janvier.



Carte de contamination des sédiments, source BD Carthage, agence de l'eau
données BDNE 2000-2005

“Le plan de lutte gouvernemental contre les PCB présenté en février prévoie une série d'études d'imprégnations menées par le Ministère de la santé. Mais le gouvernement estime qu'on n'aura pas de résultats significatifs avant trois ans”, explique Guillaume Llorca, chargé d'investigation à WWF. “Le préfet des Bouches du Rhône lui-même a déclaré qu'on pouvait mener une étude plus rapidement. Comme les pouvoirs publics ne le font pas, nous avons décidé de nous en occuper nous-même.”

Un échantillon de 60 volontaires s'est prêté au test, divisés en trois groupes. Des riverains qui consomment du poisson d'eau douce, des riverains qui n'en consomment pas, et des gens qui ne vivent pas dans la région. “A l'annonce de notre étude, Nathalie Kosciusco Morizet a déclaré que ça n'était pas représentative de l'ensemble de la population française. C'est faux. Il y a un groupe contrôle. Je suis parisien et j'ai moi-même participé à l'étude”, souligne Cyril Deshayes, responsable des campagnes eaux douces à WWF.

Les résultats seront rendus publics dans un mois environ. Le docteur Souvet, médecin membre de l'ASEP, souligne que cette étude n'est qu'une première étape. “Il faudrait mener une enquête épidémiologique, avec un suivi des populations exposées sur plusieurs années. Mais si nous trouvons des résultats positifs, on espère inciter les autorités à aller plus vite”. Médecin dans la région, il se dit confronté de plus en plus aux interrogations des patients qui vivent au bord du Rhône.

Des tests dès 1985

Les premiers prélèvements dans le Rhône datent de 1985. En 1986, l'Institut de la recherche agronomique (Inra), rédige un rapport d'alerte, rendu public en 1990 qui souligne une forte contamination.

Il démontre notamment la responsabilité de l'usine Tredi de Saint-Vulbas (01), une des trois en France à pouvoir retraiter les 545 610 appareils contaminés aux PCB recensés par l'ADEME. Au moment de l'étude, on relève des taux de contaminations des poissons jusqu'à 100 fois supérieurs à la norme, aux abords du site.

Après l'interdiction des PCB en 1987, l'usine a été autorisée à rejeter 1,5 kilo de PCB par jour dans le fleuve jusqu'en 1992, puis 500 grammes après 1992, sur arrêté préfectoral. L'entreprise affirme ne plus rien rejeter aujourd'hui dans le Rhône.

Selon Juliette Aubert, responsable de la communication de Tredi, l'entreprise sert de bouc émissaire, alors qu'elle a éliminé 150 000 tonnes de PCB depuis sa création en 1975 et rejeté, affirme-t-elle, pas plus de 250 à 300 kilos de PBC dans le Rhône. “Les PCB sont partout. 120 millions de tonnes ont été produites dans le monde et il en reste 400 millions dans la nature. Il y en a dans les stations d'épuration, les sols, la ville de Lyon en rejette 6 kilos par ans par exemple”. Aujourd'hui la source de pollution la plus importante aux PCB est la vandalisation des transformateurs, pour y récupérer le cuivre. Des dizaines de kilos de PCB se déversent à chaque fois dans la nature.

Premier arrêté préfectoral en 2005

Le premier arrêté préfectoral interdisant la consommation des poissons du Rhône ne tombe qu'en 2005 lorsqu'un pêcheur a pris l'initiative de faire analyser ses poissons et découvre un taux de contamination 40 fois supérieur à la norme.

Depuis cet été, les arrêtés préfectoraux pleuvent et la consommation des poissons d'eau douce est désormais interdite tout le long du fleuve.

Le MEDAD (ministère de l'environnement) a présenté en février son plan de lutte contre les PCB, doté de 8,5 millions d'euros. L'étude indépendante menée par WWF et l'Asep arrive à point pour mettre la pression sur les pouvoirs publics après tant d'années de négligence.

“Les messages des pouvoirs publics sont incohérents. D'un côté on fait jouer le principe de précaution en promulgant des interdictions de consommation et des recommandations, ce qui laisse entendre que la situation est préoccupante, de l'autre, on nous dit qu'il faut trois ans pour mener une étude d'imprégnation sur la population”, souligne Cyril Deshayes de WWF.

Autre point de désaccord, le plan d'indemnisation des pécheurs professionnels qui prévoie des exonérations de charges. Selon Cyril Deshayes, les pêcheurs, privés d'activité pour certains depuis 2005 devraient pouvoir toucher des indemnités selon le principe pollueur-payeur car il s'agit d'un cas de pollution industrielle avérée. “Mais ils ne sont que dix alors tout le monde s'en fout.”

Pour aller plus loin:

le dossier de FNE, avec le plan du gouvernement, les cartes de contamination et les revendications de l'association
La campagne de WWF

Cet article a été publié le Jeudi 6 mars 2008 à 20:55 et est classé dans Santé.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 08 mars 2008 03:56

l'apocalypse des machefes d'incineraion

Communique : Redon le 12/09/07
Source : assos.gadef
Porte parole: roger tallec
La catastrophe de l'incinération : l'apocalypse des mâchefers
Avant de commencer notre courriel 26, concernant le 25, nous tenons à remercier les nombreux responsables d'associations, nous ayant envoyé quelques encouragements ou compléments techniques, que nous avons fait suivre, merci à tous !
«Que valent les études de l'OMS concernant la surmortalité par pollution dans le monde ?»

À ce sujet, voir ''Risques sanitaires'', pages 24-25 dans le Science et Vie d'août 2007 et le site officiel de l'OMS, avec un résumé en français, sur : [Voir le site]

En effet, «la France entière est polluée par les mâchefers de la honte», abandonnés sans aucune précaution d'usage, répandus n'importe où, et notamment en des lieux humides, suite à la fermeture des petits incinérateurs/barbecues, trop polluants.

Près de 350 ont été fermés en France et donc 350 sites et environs ont été gravement souillés de DIOXINE et MÉTAUX-LOURDS.
À REDON, et aux environs, en campagne, jusqu'où ont été jetés ces résidus hautement toxiques ?

Exemple d'analyses : [Voir le site] cliquez sur 'Sommaire'.
Pour leur dangerosité : [Voir le site]%20-, notons, que cette information importante était classée «confidentielle», ce qui est maintenant interdit depuis la loi 2005-205.

Comme à Confort-Meillars en Finistère, les mâchefers ont-ils été déversés sur les prairies autour de Redon ?
Comme à Sète, sur les terrains publics ?
À Landivisiau, sous la zone industrielle ?

Ce genre d'action, que certaines associations ont tout de même dénoncé, s'est fait partout en un silence de mort.

Quelques procédures ont été engagées, exemple [Voir le site] en première page, la plainte de l'association ACSENV.
Autre dossier sur l'emploi des mâchefers et leur danger : [Voir le site]

Bien entendu, toutes ces opérations «mâchefers de la honte», se sont faites sans être accompagnée d'une liste épidémiologique des cancers ayant touché les régions subissant l'agression.
L'OMS étudie les risques sanitaires reconnus qu'elle reçoit, alors, la France restera classée dans les bons élèves du monde, et les gogos, avaleront les couleuvres en comptant le nombre de cancers qui augmente sans cesse et sans comprendre la raison ou s'étonnant, comme c'est aussi le cas en d'autres régions au sol pollué, mais réagissant, elles !
Exemple : filinfo. Seules nos associations de défense de l'environnement se sont vraiment inquiétées des retombées de ces actes d'inconscients Folamour, pouvant entraîner des problèmes irrémédiables pour la santé de la nature et des hommes. Cela porte un qualificatif, que nous vous laissons ajouter, ........ ! Suivre la mise en décharges classe '2' coûtait trop cher, alors les morts...

La France n'a pas analysé les mâchefers de la honte issus des incinérateurs/barbecues fermés, car les cendres et les REFIOM (résidus de fumées) ont été mêlés aux mâchefers ! Il était donc inutile de faire des analyses coûteuses, le résultat était connu d'avance.
«Français, nous avons été empoisonnés suite à des décisions de hauts fonctionnaires de l'État et pour la protection généralisée des sociétés privées», inacceptable !!!
Croulant sous les procès, ces sociétés auraient fait faillite. Depuis, ces entreprises privées, devant les risques encourus en justice – qui est trop peu sévère à leur encontre – repassent le cadeau empoisonné aux collectivités locales. Bravo !!!

Il est donc permis de polluer le citoyen et ensuite lui refiler l'affaire, sans qu'un seul politique n'ait bronché, Pourquoi ?

«Pays bananier ?»
Une enquête en France entière doit être immédiatement diligentée ! Les mâchefers de la honte, doivent reporter cette honte sur le politique et les hauts fonctionnaires. Tout en sachant que les normes françaises sont hautement ridicules, maximum autorisé avant de déclencher une enquête et la prise des précautions d'usage : 3 pico-grammes de DIOXINE au lieu de 0,005 conseillé par l'OMS. Ce qui représente exactement 600 fois plus que la norme préconisée par l'Organisation Mondiale de la Santé [Voir le site] (page 3).

À REDON une procédure de la cour des comptes a été ouverte contre le déplacement de ces mâchefers, pourtant invisibles pour la Préfecture. Mettre le qualificatif que méritent de tels actes, ........ !

association de defense de l'environnement du finistere.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 06 mars 2008 17:32

pcb rhone depuis 1985 ( pyralene des transformateurs electriques) et autres rejets

Des habitants testent
leur contamination au PCB

Marielle Court
04/03/2008
Une association de médecins et des ONG dénoncent la lenteurdes recherches sur les PCB.
Prises de sang en série, mardi, pour une soixantaine de personnes à Port-Saint-Louis-du-Rhône avec un objectif : évaluer leur niveau de contamination aux PCB (polychlorobiphényles ou pyralènes). L'opération coup de poing était montée conjointement par le WWF et l'association de médecins ASEP (Association Santé Environnement Provence), qui regroupe quelque 300 professionnels.

Les PCB posent des problèmes avérés de toxicité. «Ils sont cancérigènes, provoquent une baisse des défenses immunitaires et peuvent avoir des effets neurologiques», explique Patrice Halimi, chirurgien pédiatre et secrétaire général de l'Asep. Les PCB ont été largement utilisés par l'industrie à partir des années 1930. Depuis le milieu des années 1980, leur production et leur utilisation sont interdites en Europe mais la pollution des sédiments et des poissons dans les fleuves est bien réelle. Le Rhône est contaminé ainsi que les bassins Seine-Normandie et Artois-Picardie. Au point d'interdire la consommation des poissons. C'est le cas dans le Rhône depuis août dernier et depuis janvier pour les anguilles dans la Seine.


Plusieurs enquêtes

La tenue début février du comité national de pilotage sur les PCB, à l'initiative des ministères de l'Écologie, de la Santé et de l'Agriculture, a été l'occasion d'annoncer plusieurs enquêtes. Le Cemagref va tenter de comprendre les phénomènes complexes de transfert des PCB des sédiments vers les poissons. Le pôle de compétitivité chimie-environnement de Rhône-Alpes (pôle Axelera) travaille de son côté sur les techniques de dépollution. Le service régional de protection des végétaux recherche, quant à lui, l'impact qu'il peut y avoir sur les cultures irriguées.

Mais c'est au ministère de la Santé que revient la plus lourde tâche : effectuer une étude d'imprégnation aux PCB sur les consommateurs des poissons de rivière. Et c'est sur ce point que les associations tout comme l'Asep se montrent les plus critiques. L'étude épidémiologique va bien être menée auprès de 900 à 1 000 personnes à partir de la fin du mois d'avril par l'INVS (Institut de veille sanitaire) et par l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), mais les résultats ne seront connus que dans deux ou trois ans.

«C'est beaucoup trop long», s'inquiètent le WWF tout comme France Nature Environnement. «Nous recevons dans nos cabinets des gens qui mangent des poissons du Rhône depuis des années, des femmes qui allaitent... Ils nous posent des questions or nous sommes démunis. Il n'y a pas de pire angoisse que de ne pas savoir», poursuit Patrice Halimi qui ajoute : «Notre étude, dont on aura les résultats dans un mois, nous permet d'ouvrir une brèche.» De quoi peut-être obtenir une accélération du mouvement le 10 mars prochain lors de la tenue du comité scientifique et technique du plan Rhône. Côté justice, en tout cas, les choses avancent puisqu'une instruction contre X a été ouverte par le pôle de santé public de Marseille afin de tenter de déterminer les responsabilités dans la pollution du Rhône.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le mercredi 05 mars 2008 09:52

dioxine conseille du prefet ''ne pas affoler les citoyens''

dioxine conseille du prefet ''ne pas affoler les citoyens''
Après la dioxine, l'amertume reste tenace
Été 2007 : plus d'une centaine d'éleveurs sont victimes d'une pollution à la dioxine. Philippe Debray, installé à Guémené-Penfao, raconte comment il a vécu cette catastrophe.
>> Forum : Que pensez- vous de cette situation ? Faites- nous part de vos remarques.
« Dans une histoire comme ça, il ne faut pas rester seul dans son coin à broyer du noir. » Attablé chez lui, un jour de pluie, Philippe Debray, agriculteur à à Guémené-Penfao, revient sur la pollution à la dioxine qui a touché entre 110 et 120 éleveurs cet été. Un phénomène encore inexpliqué (lire ci-dessous) « qui s'est déclaré dans une langue de chat de 40 km de long, s'étendant d'Allaire à presque Marsac le long des vallées du Don et de la Vilaine ».

Il est remonté, Philippe. « Dès le départ, les services de l'État nous ont dit de ne pas communiquer. J'appelle ça le syndrome de la vache folle : surtout ne pas faire paniquer les gens. Ça me mine. C'est vrai qu'avec la vache folle, ça a été n'importe quoi. Mais il y a quand même une façon de faire pour dire les choses. »

Au contraire, il se souvient de son désarroi et de celui de ses collègues : « On était tous dans le flou. On se posait tout le temps des questions. Certains ne savaient même pas s'ils pourraient continuer. Moi, j'ai été mis sous séquestre le 16 août. Ça a duré jusqu'à la mi-octobre. » Pendant cette période, pas question de vendre ni d'acheter un seul animal, « alors que c'était l'époque des vêlages. Il y avait bien des dérogations pour vendre les veaux, mais avec des papiers qui précisaient que l'animal sortait d'un élevage touché par la dioxine. Alors personne n'en voulait ou à des prix cassés. » Il dit avoir tenu « parce que je suis aussi trésorier de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique. Être syndicaliste, ça aide. On se renseigne, on se bouge, les collègues nous épaulent. »

Philippe dirige seul une petite exploitation d'une quarantaine d'hectares avec 25 vaches laitières. « Ce n'est pas énorme. Mais on survit. » Il se félicite d'ailleurs que, même au plus fort de la crise, les laiteries ont toujours continué à collecter le lait. « Elles séparaient la matière grasse, où se fixe la dioxine, de la matière protéinique. » Une opération coûteuse supportée par les agriculteurs. Mais finalement remboursées par les laiteries. « Elles se sont entendues pour ça les deux premiers mois. Malheureusement, en octobre, novembre, décembre, elles ne se sont pas mises d'accord. Les coopératives ont continué de payer, parce qu'elles voulaient soutenir leurs adhérents. Mais beaucoup de laiteries privées ont dit non. » Philippe s'inquiète d'ailleurs pour l'avenir, « car il n'est pas exclu que les laiteries tiennent à récupérer leurs avances. »

« Entre le marteau et l'enclume »

Du coup, il ne sait pas trop chiffrer son préjudice. Comme tous les agriculteurs, il attend que l'État paye. « L'État doit prendre ses responsabilités. Il fixe des normes, c'est à lui de les faire respecter. Nous, on est déjà entre le marteau et l'enclume. On ne peut pas être victime et payeur en même temps. » Il demande aussi à ce que les coupables soient trouvés, même s'il n'y croit plus trop. « Faut pas se faire d'illusion. Et puis, toutes les hypothèses ont déjà été émises : l'incendie de l'usine Knauff en juin 2006, les avions militaires qui passent souvent au-dessus de nos têtes, du bois traité qui aurait brûlé... »

Pour lui, « l'État n'a pas fait son travail. Ils ont traîné les pieds, tout fait pour minimiser, rester le plus obscur possible. C'est se moquer de nous. » Philippe secoue la tête, incrédule : « Lors du Spas à Rennes, le ministre de l'Agriculture a promis 80 M¤ à la Bretagne pour les problèmes d'eau. Nous, on demandait 5 M¤ seulement et ils ne peuvent pas les mettre ? ! »

Alors les choses s'arrangent peut-être, car « concernant le lait, il n'y a plus personne sous séquestre ; et concernant la viande, les éleveurs ont jusqu'à la mi-février pour envoyer les bêtes à l'équarrissage s'ils veulent être indemnisés ». Mais l'amertume perdure. « En France, nous avons des moyens de détection des pollutions très efficaces. Mais, derrière, ça ne suit pas. » Une chose est sûre : Philippe ressort de ce conflit plus que jamais convaincu par l'agriculture durable. « Pour éviter les pollutions, le mieux, c'est encore de ne pas polluer. » Voilà du bon sens paysan, comme on dit.


Yann-Armel HUET.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le lundi 03 mars 2008 04:21

manifestation anti incinerateur a marseille pour la non construction de l'usine de morts programmés

manifestation anti incinerateur a marseille pour la non construction de l'usine de morts programmés
Plusieurs milliers de personnes venus de toute la France ont défilé samedi à Marseille, à l'appel du Front citoyen de résistance du golfe de Fos (FCRGF), pour demander l'arrêt de la construction d'un incinérateur sur un terrain du port à Fos-sur-Mer.



1.400 manifestants selon la police, "au moins 7.000" selon les organisateurs ont pris part à ce défilé ouvert par un taureau et des chevaux de Camargue, une région symbole de nature et qui "craint des retombées nocives", selon une Arlésienne.



"Jamais d'incinérateur, ni à Fos, ni ailleurs", ont scandé riverains et élus du pourtour de l'étang de Berre, zone très industrialisée et parmi les plus polluées de France, jusque sous les fenêtres de la mairie de Marseille, qui a lancé ce projet pour remplacer la décharge à ciel ouvert d'Entressen.



Le projet divise la classe politique marseillaise depuis de longs mois et a fait l'objet de joutes intenses durant la campagne pour les municipales. Le maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin a assuré qu'il n'aurait jamais entrepris une telle construction s'il y avait le moindre risque de cancer. Son rival socialiste, Jean-Noël Guérini, qui s'est prononcé pour un moratoire, s'est taillé un franc succès en rejoignant la manifestation, en cours de parcours. "On fera du tri et de la méthanisation", a-t-il lancé.



Des bus spécialement avaient été affrétés, de Fos, mais aussi de Berre-L'Etang et de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Les manifestants sont époumonés à crier "Gaudin, tes déchets si tu savais où on se les met".



"La fumée tue", a résumé le FCRGF en rappelant dans un communiqué que l'Europe a depuis le 27 juin mis la France en demeure de fournir des données sanitaires précises sur les normes de qualité de l'air dans une région où sont déjà implantées "26 usines Seveso".



"L'incinérateur est un vrai plan d'intoxication durable, des produits cancéreux ne sont aujourd'hui pas contrôlés, on veut une solution écologique", a déclaré Victor Hugo Espinoza de l'organisation écologiste Ecoforum.



Dans la manifestation, des personnes de Clermont-Ferrand et des Corses dénonçaient des projets similaires près de chez eux. "On veut construire un incinérateur surdimensionné par rapport aux besoins de la population en plein centre de l'île, est-ce qu'on va importer des déchets?", demandait Colette Castagnoli, présidente d'un collectif anti-incinérateur corse.



Le Front citoyen de résistance, qui fédère une soixantaine d'associations, réclame un Grenelle de l'environnement pour la région, la mise en place de systèmes d'alerte efficaces et une étude épidémiologique réalisée en toute indépendance par les médecins.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le lundi 03 mars 2008 04:05