appliquer la pesée embarquée, limitere l'arnarque a la taxe des dechets

INCINÉRATEUR

LE DOSSIER

Chaque habitant produit actuellement en France en moyenne 370 kg de déchets ménagers par an soit plus d'1 kg par jour.
75 départements ne sauront plus quoi faire de ces déchets d'ici à 2010.
La moitié va en décharge ou en incinération et ne sont pas recyclés, valorisés.
Les décharges polluent les sols et l'eau potentiellement potable.
L'incinération dégage des gaz toxiques qu'on retrouve dans le lait et les aliments.
Le prix de la collecte des déchets est passé de 75 ¤ à 150 ¤ la tonne.
Les particuliers payent la redevance Ordures Ménagères sur la valeur locative de leur logement et non pas sur le volume ou le poids de leurs déchets *.
* « volume embarqué » signifie que le prestataire de la collecte propose 6 à 10 tailles/volumes de poubelles et chacun paye en fonction du volume de sa poubelle. Ce qui est un premier pas vers une réduction des déchets ménagers à la source par l'acte d'achat et de consommer.
Les industriels payent une taxe « Eco-Emballages »** minime et sont grands producteurs de déchets.
** Eco-Emballages est une société anonyme, créée à la suite du décret 92-377 du 1er avril 1992 par un certain nombre d'entreprises dont Nestlé, Danone, l'Oréal. Cette société a une « mission d'intérêt public » pour « installer sur tout le territoire la collecte sélective, le tri, le recyclage » et est re-agréée de proche en proche par les pouvoirs publics qui exercent un droit de regard sur les travaux de la commission de concertation formée par Eco-emballages et l'Association des Maires de France. Eco-Emballages perçoit de la part des entreprises 0, 61 ¤ par emballage portant le logo et est tenue « d'assurer aux collectivités territoriales le remboursement du surcout susceptible de résulter pour celles-ci du tri des déchets ».
L'équivalent allemand d'Eco-Emballages (DSD-Dual System Deutschland) rembourse aux collectivités 25 à 27 ¤ par habitant et par an alors qu'en France, on en est à peine à 6 ¤ habitant/an. Ce qui explique qu'il n'y a que peu d'incitation à produire moins d'emballages.
Incitation à la réduction des déchets à la source, choix de la redevance-pesée/volume embarqué, alternatives à l'incinération, comparaison avec les procédures de nos voisins badois, dangers et conséquences sur la santé et l'environnement sont des questions préalables à se poser avant toute nouvelle initiative concernant l'ensemble de la filière des déchets.
Cette filière consiste actuellement dans la Communauté de Communes de la Région de Guebwiller à un tri des déchets au porte à porte et leur valorisation, à une déchetterie (en projet, une deuxième), à un ramassage des OM ultimes, à un assainissement collectif, une station d'épuration (en cours, un système de séchage des boues), une usine d'incinération.
Le SM4, qui comprend 150 communes et où siège les Maires ou délégués, a pris la décision de construire un nouvel incinérateur de 100 000 tonnes pour 2007.

ET S'IL SE CONSTRUISAIT A COTE DE CHEZ VOUS ?

Entre quelles solutions vous a-t-on demandé de choisir au nom de la population dont vous êtes un élu ? Vous a-t-on expliqué les impacts d'un incinérateur surdimensionné ? Vous a-t-on expliqué les conséquences sur les infrastructures routières (d'ailleurs à la charge du Conseil Général ?) sur le trafic routier ? Vous a-t-on expliqué l'impact bruit ? L'impact sur le microclimat ? Les retombées sur la végétation ? Avez-vous interrogé vos concitoyens ? Est-ce ce qu'ils veulent pour leurs enfants ? Vous a-t-on expliqué l'effet cumulatif des rejets même infinitésimaux, l'effet cumulatif de certaines substances dans la vie d'un homme ?

Entre une solution de fuite en avant et la même solution de fuite en avant, vous n'avez pas le choix ? Cette décision d'un futur incinérateur vous est imposée, la suite du projet vous échappera-t-elle aussi ? Pour décider de telle ou telle capacité, vous etes-vous informés de manière contradictoire, de toutes les options possibles et d'abord de celles qui préservent l'avenir. Exigez, avant toute nouvelle décision, que l'ensemble des paramètres et scénarios vous soient communiqués à partir d'études croisées et indépendantes.
L'Alsace, le Haut-Rhin est une des régions les plus polluées de France, une où l'effet de serre est le plus élevé, où les paysages sont les plus saccagés par l'industrialisation sauvage, notre région comprend de nombreux sites Seveso. Pensez-vous qu'il y a cohérence entre développement touristique, rural, agricole, maraîcher (Gerplan) et promotion à l'incinération à outrance comme solution d'avenir ?
Dans le domaine des déchets, député, conseiller général, maire ou conseiller municipal, par votre vote, vous avez l'opportunité de mettre tout à plat puisque vous êtes les seuls acteurs décideurs de votre ? de notre avenir ? et de celui des générations futures.

Des chiffres de référence manifestement contestables

Lors du Comité SM4 du 29 septembre 2001, les chiffres avancés étaient : ordures ménagères (OM) non triées 40 000 tonnes, boues de stations d'épuration 20 000 tonnes, déchets industriels bruts (DIB) 15 000 tonnes et... farines animales 25 000 tonnes, soit 100 000 tonnes. Le cabinet Bethure chargé par le SM4 du dossier soulignait que « dans le cas de la disparition des farines animales, le fait de les remplacer par des DIB présente un risque (de non remplissage et donc de surcoût) sur lequel la collectivité ne peut pas s'engager » étant donnée « la grande volatilité de ce marché ».
Pourtant lors du comité du 18 septembre 2003, les farines animales ayant disparu, les estimations DIB sont passées par miracle de 15 000 à 31 000 tonnes... : à titre de comparaison, cela représente 151 kg en équivalent habitant/an contre 83 kg actuellement dans le Bas-Rhin ! ! Parallèlement, les estimations OM non triées sont passées de 40 000 à 53 000 tonnes, ce qui traduit une absence manifeste de volonté commune pour promouvoir des modes de collecte « gratifiant financièrement le geste de tri », telle que la facturation au poids ou au volume pratiquée avec succès dans toutes les 40 Communautés des Communes du Bade Wurtemberg. En s'appuyant sur ces modes de collecte qui responsabilisent les usagers, les OM résiduelles à traiter sont tombées à 120 kg/habitant/an... contre 250 kg/habitant dans le calcul prévisionnel retenu par le SM4...
Des chiffres aléatoires pour justifier un surdimensionnement manifeste, aucune initiative vers des solutions alternatives.

Une « défaite » de la démocratie locale

Les chiffres de références n'ont été communiqués aux délégués que le jour de la séance décisionnelle, alors que les enjeux techniques, financiers et environnementaux liés au dimensionnement d'un tel outil méritaient une véritable contre-expertise scientifique, donc un délai minimal de réflexion. Les membres du SM4 étant pour la plupart les délégués des Communautés des Communes, il était indispensable que celles-ci puissent travailler et débattre sur ce dossier, et ce d'autant plus qu'elles ont la responsabilité des méthodes de collecte des OM. Manifestement cette étape a été littéralement confisquée et quelques 60 millions ¤ se voient ainsi implicitement engagés sans réflexion au sein des instances concernées.
En intégrant précisément les subventions du Département, cela représente une charge supplémentaire de 218 ¤ pour chaque habitant du SM4.
Et, pour chaque habitant ce paradoxe : « Plus on trie, plus on paye ! » Pourquoi ?

Le mythe du feu purificateur

En soutenant, à Aspach-le-Haut, la construction d'un gros incinérateur d'ordures ménagères et assimilées de 100 000 tonnes/an, le département du Haut-Rhin, avec trois incinérateurs, devient le champion de l'incinération et invite les contribuables au monstrueux financement de la sacralisation du mythe du feu purificateur, à hauteur d'un prix estimatif de départ de 60 000 000 d'euros H.T. Les calamiteuses et ruineuses prestations de l'incinérateur voisin de Mulhouse n'auront servi à rien, si ce n'est à reconnaître que la technologie des lits fluidisés, utilisée sur ce site, n'est pas la panacée en terme d'incinération des ordures ménagères... la belle affaire !

L'incinération n'a plus d'avenir

A quelques semaines d'une canicule qui vient de nous rappeler le piteux état atmosphérique du fossé rhénan, il est légitime de s'interroger sur le fait de savoir s'il est judicieux d'en rajouter en mettant en place un dispositif dont l'objectif est de disperser dans l'atmosphère 67 000 tonnes/an de substances diverses, à l'aide de 550 000 000 de m³/an d'air nécessaires à la combustion des déchets et à la fabrication de quelques dizaines de milliers de tonnes de dioxyde de carbone fortement responsable de l'aggravation du réchauffement de la planète. Sans parler des rejets des 160 tonnes/an d'oxyde d'azote, de dioxyde de soufre, de monoxyde de carbone, d'acide chlorhydrique, de composés organiques volatils, de poussières ; des centaines de kilogrammes/an de métaux lourds, d'acide hexafluorhydrique ; des dizaines de kilos/an de cadmium et de mercure gazeux et les 5 milliards de picogrammes/an de dioxines, l'incinération des déchets, à cette échelle, est un puissant fournisseur du dépotoir atmosphérique de notre région.

Incompétence politique

Bien que les erreurs politico-économiques passées ne permettent pas présentement d'abandonner complètement l'incinération, il faut admettre que ce procédé d'élimination des déchets n'a plus d'avenir dans un objectif de préservation à moyen terme des potentialités biologiques de la planète, et que cela plaise ou non aux décideurs politiques et privés, il va bien falloir mettre en oeuvre un processus généralisé de valorisation des produits résiduels depuis la source de production jusqu'à l'étape transitoire du recyclage, ou de la revalorisation matière sans utiliser l'atmosphère comme décharge principale de nos miasmes polluants. Si les ménages ont répondu très favorablement aux expériences de tri et de compostage qui leur ont été proposées par des élus courageux, responsables et prévoyants, et qu'ils ont atteint des résultats remarquables, notamment dans la Communauté de communes de Dannemarie, ou le secteur de Ribeauvillé par la pesée embarquée, force est de reconnaître que trop de professionnels industriels et commerciaux n'affichent pas les mêmes dispositions civiques en produisant annuellement 100 000 tonnes/an de déchets industriels bruts, mélangés et non triés pour le seul département du Haut-Rhin.
De surcroît, les chaînes de distribution n'offrent à leurs clients aucune possibilité de dépôt des emballages inutiles des produits achetés en sortie de caisse. Quant aux fabricants, leurs emballages et sur-emballages ne font l'objet d'aucune réglementation, laissant aux clients le soin de payer ces emballages à l'achat, et de payer leur élimination en bout de chaîne. En évoquant le monstrueux gaspillage des montagnes de documents publicitaires, les sommets de l'ineptie sont atteints. Quant aux boues de stations d'épuration que l'on se propose d'incinérer parce que l'agriculture n'en veut plus, il faut bien reconnaître que l'hyper-centralisation des effluents liquides sur de grosses unités de traitement a largement favorisé la contamination des boues par des substances résiduelles toxiques qu'il eut été aisé de piéger à la source par des installations spécifiques ou des campagnes d'information du public. Vu sous l'angle cru de la réalité et de l'objectivité des faits, la construction d'un incinérateur est, à l'heure du développement durable, un terrible aveu d'incompétence politique, et surtout un remarquable outil de promotion de l'incivilité puisqu'il invite à jeter sans trier pour assurer le remplissage maximum nécessaire au bon fonctionnement et à l'amortissement financier de la bête incinératrice. Dans une région qui se classe également en tête dans les chiffres nationaux traduisant la fréquence des cancers, la dispersion atmosphérique de dioxines supplémentaires ne va sans doute pas dans le sens de l'amélioration de ces statistiques oncologiques. Toujours est-il que dans le Bas-Rhin on se contente d'un seul incinérateur et, pour 60 millions d'euros, on construit un nouvel hôpital, bravo !

Dany DIETMANN, maire de Manspach, professeur de biologie.

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# Posté le jeudi 27 décembre 2007 05:57

Modifié le lundi 03 mars 2008 06:04

les hommes du president ou des financs de l'etat

Les hommes du président

vendredi 18 mai 2007 par Fred Lonah

Un invité discret au festival du Cac 40, le soir de l'élection du grand président Sarkozy : Henri Proglio
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La grande presse l'a déjà mentionné : la petite fiesta sarkozyste organisée au Fouquet's le soir du 6 mai ressemblait plus à un conseil d'administration du CAC 40 qu'à un bureau politique tant les grands patrons se bousculaient à la table du nouveau président : François Pinault, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Martin Bouygues, etc.

Mais aucune gazette n'a noté qu'un seul grand patron est resté jusqu'au bout de la nuit en compagnie de Sarko et de ses plus proches : Henri Proglio, le patron de Veolia Environnement, l'ancienne Générale des Eaux. La preuve en image figure dans le numéro de Paris-Match suivant l'élection, même si le magazine s'est bien gardé de porter son nom à la connaissance de ses lecteurs. Le cliché montre l'ancien premier flic de France devenu président, entamant un pas de danse (de sirtaki précise Match) devant sa femme assise dans un profond canapé au Fouquet's, dans la nuit du 6 mai. « Devant tous leurs amis réunis, il ne danse que pour une seule personne : Cécilia », écrit le magazine de Lagardère avec son célèbre ton nunuche. Mais les initiés, eux, peuvent également découvrir à l'arrière-plan du même cliché, un personnage qui pourrait faire couler beaucoup d'encre au cours du quinquennat qui s'annonce. Cravate jasmin, chemise blanche et regard fixe, Henri Proglio se délecte de la joie du président victorieux. Et on comprend pourquoi. Spécialiste de la distribution d'eau, la gestion des déchets, les transports de voyageurs et la fourniture d'énergie, Proglio vit de l'État et de ses dépendances. Et dans des proportions beaucoup plus gargantuesques que l'autre pote milliardaire de Sarko, le yachtman Vincent Bolloré !

Chaude ambiance au Fouquets© GBCe soir-là, au Fouquet's, dans l'intimité du nouveau locataire de l'Élysée, Proglio est donc aux premières loges du festin des fauves qui s'annonce. De quoi désespérer son grand concurrent en France Suez, l'ex-Lyonnaise des Eaux, dirigé par Gérard Mestrallet, proche du PS et donc hors-jeu pour cinq ans !

Reste la question centrale pourquoi donc Proglio a-t-il été admis dans le cénacle des intimes du président ? Jusqu'ici aucun ouvrage, pas le moindre article de presse n'avait cité son nom parmi les proches de Sarko, à part dans Bakchich (cf. Proglio roule pour Sarko in Bakchich # 1). La réponse est justement dans Paris-Match.

Le magazine people publie en effet une deuxième photo cadrée différemment où l'on aperçoit très discrètement le roi des marchés publics, épaule contre épaule avec la porte-parole de la campagne du candidat UMP, Rachida Dati, la star montante du sarkozysme. Ainsi donc, Henri Proglio doit-il sa présence aux agapes présidentielles aux relations visiblement étroites qu'il entretient avec la jeune femme. Une femme au c½ur du pouvoir ? Ça ne peut pas être mauvais pour les affaires.

les hommes du president ou des financs de l'etat
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# Posté le lundi 24 décembre 2007 11:22

gouvernement public ou privé

Un directeur de VEOLIA rentre au ministère de Borloo



Et un de plus, un !

Gouvernement Fillon, ou gouvernement du CAC 40 et des medias réunis ?

L'on pourrait à juste titre se le demander. Si au moins cela sert salariés et actionnaires ... Mais la concurrence va peut être avoir son mot à dire ...


Stéphane Richard, directeur de la division transport de Veolia Environnement, a été nommé mardi directeur de cabinet du ministre de l'Economie, des Finances et de l'Emploi Jean-Louis Borloo, a annoncé le ministère dans un communiqué.


M. Richard, 45 ans, est diplômé de HEC et ancien élève de l'ENA. Né le 24 août 1961, cet inspecteur des Finances a été conseiller technique au cabinet de Dominique Strauss-Kahn, ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur (1991-1992).

Il rejoint alors la Compagnie générale des eaux en tant que chargé de mission à la direction financière. Il dirige ensuite la Compagnie générale d'immobilier et de services (CGIS), devenue Nexity, dont il devient PDG de 1997 à 2000, puis président du directoire, jusqu'en 2003.Il rejoint Veolia en 2003 comme directeur général de Connex, devenue en 2006 Veolia Transport.

Au moins, on ne pourra pas dire qu'il ne connait pas ses dossiers. Les compétences et l'expérience sont là et bien là. Reste néanmoins que la frontière entre politique et finances devient de plus en plus ambigüe. Mais on ne pourrait reprocher au gouvernement de s'entourer de spécialistes, lesquels spécialistes pour l'être ont dû exercer dans le secteur privé.

Certes, mais Suez ne doit pas voir la chose d'un même oeil. Et qui dit que Veolia ne sera pas "priviligiée" dans le cadre d'appels d'offres sur des marchés publics ?

La tribune de Genève quant à elle parle de Rachida Dati, le nouveau garde des sceaux, comme une redoutable femme de réseaux. Si le journal mentionne son passage chef Elf et Matra dans les années 80 qui "lui a donné accès aux coulisses de l'appareil d'Etat", il revèle qu'elle est aussi proche du groupe Véolia, de son président Henri Proglio.

Le Figaro précise pour sa part que Rachida Dati a été cooptée par les réseaux patronaux, qui cherchent à faire grandir des talents chez les Français d'origine immigrée. Jacques Attali, Henri Lachman, Henri Proglio, ou encore Jean-Luc Lagardère, ne tarissent pas d'éloges sur leur protégée. Proglio encore ...

Selon le site en ligne www. bakchich.info, c'est Rachida Dati qui aurait convaincu le patron du groupe Véolia, solidement implanté au Maroc, Henri Proglio, de basculer dans le camp des sarkozystes.

Rachida Dati serait parvenue à ses fins en organisant un tête-à-tête discret entre le ministre et l'industriel. «Selon des proches, ce dernier aurait reçu des assurances, Dire qu'il y a moins d'un an, ce chiraquien se répandait en médisances sur le ministre de l'Intérieur dans les dîners parisiens...

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# Posté le lundi 24 décembre 2007 11:04

a se demander pourquoi le grenelle c'est transformé en flop

Dioxine
Le rapport qui ne dit pas tout
08/12/2000 - © Le Point - N°1473

Etrange optimisme d'un rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) consacré au degré d'exposition de la population française à la dioxine, un sous-produit industriel ultratoxique. La réalité serait bien plus inquiétante.
La dioxine est une substance dangereuse pour l'homme, une molécule ultratoxique qui favorise le développement de cancers et provoque, à des concentrations infinitésimales, de l'ordre du picogramme (c'est-à-dire du millionième de millionième de gramme), des troubles hormonaux et neurologiques. Chaque année en France, les cheminées des incinérateurs d'ordures ménagères et les aciéries recrachent environ 300 grammes de dioxines. Pourtant, les pouvoirs publics se veulent rassurants. Au ministère de l'Environnement, on s'empresse de rappeler que, depuis trois ans, les émissions industrielles de dioxines ont été réduites de 50 %. Officiellement, l'Hexagone n'a donc pas à craindre le « sida chimique », comme l'appellent les toxicologues. C'est en tout cas ce que laisse entendre le récent rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) consacré aux dioxines (1), lorsqu'il conclut que l'exposition moyenne de la population française « est proche de l'objectif de qualité recommandé par l'Organisation mondiale de la santé [OMS] ». Sauf que le chiffre d'exposition avancé par l'Afssa (1,3 picogramme par kilogramme de poids corporel et par jour) est à prendre avec des pincettes. « Le ministère de la Santé a manipulé les chiffres de contamination des Français par les dioxines », dénonce Pierre-Emmanuel Neurhor, directeur du Centre national d'information indépendante sur les déchets (CNIID), une association qui a fait des dioxines son cheval de bataille. Et de pointer du doigt un étrange oubli : les polychlorobiphényles, plus connus sous le nom de « PCB », sont ainsi passés à la trappe alors qu'il s'agit de molécules « soeurs » des dioxines, qui doivent être obligatoirement prises en compte dans le calcul d'exposition, comme l'a confirmé au Point le docteur Maged Younes, chef de l'unité Evaluation des risques et méthodologies à l'OMS.

Après les révélations du CNIID, l'Afssa a d'ailleurs discrètement corrigé le tir en mettant sur son site Internet un rectificatif qui reconnaît l'erreur et précise qu'il ne s'agit « en aucun cas d'une volonté de sa part de minimiser les chiffres ». Il n'empêche que l'omission des PCB avait pour effet de diviser quasiment par deux l'exposition moyenne des Français !

Et ce n'est pas tout. Lorsque l'on épluche le rapport de l'Afssa, on découvre d'autres bizarreries qui font toutes pencher la balance du même côté. Les enfants de moins de 2 ans ont ainsi été écartés d'office des calculs de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Pourtant, durant l'allaitement, la jeune maman évacue, via le lait, une partie des dioxines stockées dans son corps, ce qui entraîne une surexposition du nourrisson, qui doit être prise en compte lorsque l'on fait le total des dioxines encaissées sur une vie entière. Résultat : « 5 % de contamination évaporée », selon le CNIID. Questionnée sur le sujet, l'Afssa se justifie en invoquant un partage des rôles avec l'Institut national de veille sanitaire, chargé d'une étude consacrée à l'exposition des nouveau-nés.

Autre anomalie : les dioxines que nous respirons sont passées à l'as, l'Afssa n'ayant comptabilisé que celles que nous avalons. Logique de la part d'une agence de sécurité des aliments. Sauf que nos poumons attrapent, selon les estimations, jusqu'à 10 % des dioxines qui nous menacent... Cerise sur le gâteau, l'Afssa n'a pas pris en compte les nouvelles normes de toxicité des dioxines fixées par l'OMS en 1997. Et pour cause, les 450 niveaux de contamination des aliments dont elle dispose ont été calculés deux ans plus tôt par le ministère de l'Agriculture et la Répression des fraudes. Dommage, parce que lesdites normes révisent à la hausse la toxicité des dioxines de 10 % !

les raisons d'un enterrement

Bref, le CNIID a beau jeu de faire remarquer que l'exposition des Français est près de quatre fois supérieure à celle affichée dans le rapport de l'Afssa. Ce qui nous fait franchir la ligne rouge de 4 picogrammes par kilogramme de poids corporel par jour (pg/kg/jour), instituée par l'OMS. Sachant que la dose journalière admissible à partir de laquelle débutent les risques cancérogènes et neurologiques est de 1 pg/kg/jour... En fait, comme le reconnaît le professeur Jean-François Narbonne, qui milite depuis des années pour une réduction des rejets de dioxines et qui préside le groupe de travail Contaminants et phytosanitaires à l'Afssa : « Le chiffre de 1,3 pg que nous avançons dans le rapport est une estimation très relative. » Et de préciser : « Compte tenu de la marge d'erreur qui pèse sur ce type de calculs, l'exposition moyenne des Français se situe quelque part entre 2 et 5 picogrammes. » Sauf que, lors de la sortie du rapport, les pouvoirs publics ont présenté aux médias le chiffre de 1,3 pg/kg/jour comme preuve irréfutable de la faible exposition de la population aux dioxines. Idem pour les 5 % de Français les plus contaminés, qui affichent, selon l'Afssa, 2,52 pg/kg/jour, mais se retrouvent à 9,4 pg/kg/jour après que le CNIID eut refait les calculs ! Soit trois millions de personnes potentiellement exposées à deux fois le taux limite fixé par l'OMS...

En fait, comme l'indique Martin Hirsch, l'actuel directeur de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, « la dioxine est un sujet sensible ». Pour preuve, l'enterrement de première classe qui fut réservé en 1991 au rapport du Conseil supérieur d'hygiène publique de France, commandé par le ministère de la Santé, qui proposait de diviser par deux la dose journalière admissible. « La norme de l'OMS était à l'époque de 10 picogrammes, mais elle ne prenait pas en compte les effets immunitaires, endocriniens et neurologiques de la dioxine. Or des études sur des macaques publiées en 1989 aux Etats-Unis montraient qu'une exposition importante à la dioxine pouvait générer des retards mentaux », explique André Picot, directeur de l'unité de recherche CNRS sur la prévention du risque chimique.

Il faut dire que le rapport tombait au moment où nombre d'incinérateurs étaient en projet un peu partout en France. Trois ans plus tard, l'Académie des sciences publiait à son tour une étude qui minimisait la toxicité des dioxines et concluait que ces dernières ne constituaient pas un risque majeur pour la santé publique. « Alors que j'avais été chargé d'évaluer l'aspect immunotoxique des dioxines, mes contributions ont été refusées et mon nom a été retiré de la liste des experts... » indique le professeur Picot.

Aujourd'hui, c'est le professeur Jean-François Viel, épidémiologiste à la faculté de médecine de Besançon et auteur de l'enquête retentissante sur les cancers de l'usine nucléaire de la Hague, qui se retrouve sur la sellette pour un article publié en juin dernier dans l'American Journal of Epidemiology, première revue mondiale d'épidémiologie. « En épluchant le registre des cancers du Doubs, nous avons observé, à proximité de l'incinérateur des déchets ménagers de Besançon, des concentrations de cancers des ganglions lymphatiques et des tumeurs cancéreuses dans les muscles », explique Jean-François Viel, qui, prudent, refuse pour le moment d'établir une relation de cause à effet. « Pour en avoir le coeur net, il faudrait regarder le taux de dioxines dans le sang des personnes qui ont développé un cancer suspect. Le problème est que, pour une seule analyse de ce type, il faut débourser de 6 000 à 7 000 francs. Nous cherchons actuellement les fonds. » Dans un rapport rendu public le mois dernier, intitulé « Dioxines dans l'environnement, quels risques pour la santé ? », l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) recommandait d'ailleurs aux pouvoirs publics d'effectuer à l'échelon national des dosages sanguins afin de connaître l'imprégnation exacte de la population française par les dioxines...

Contre-attaque très orientée

Mais, sans attendre, les exploitants d'incinérateurs ont cloué l'étude du professeur Viel au pilori. L'un des poids lourds du secteur, la société Onyx, filiale de Vivendi, a ainsi demandé à ses chercheurs « maison » de dénicher les éventuelles erreurs commises par l'épidémiologiste. Résultat : une note confidentielle qui dénonce sans rire un « biais socio- économique ». Et d'expliquer : « Au voisinage des usines, on rencontre des gens plutôt défavorisés qui ne constituent pas un échantillon représentatif de la population »...

Jean-François Viel se retrouve également épinglé dans le dernier numéro de la revue Info Santé-Déchets. Sauf que ladite revue est éditée par le réseau Santé-Déchets, une association loi 1901 financée en partie par les industriels du secteur. C'est d'ailleurs cette même association qui avait « cornaqué » en 1999 un rapport de la Société française de santé publique (SFSP), dédramatisant l'impact sanitaire des dioxines. Coïncidence : le comité de rédaction comptait alors parmi ses membres l'actuel bras droit du directeur général de la santé, or la direction générale de la santé vient justement de demander à ses services de vérifier le travail du professeur Viel...

A l'époque, le rapport de la SFSP tombait à pic pour désamorcer la bombe lancée l'année d'avant par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France. Celui-ci avait en effet calculé que l'exposition de la population française à une dose de 1 pg/kg/jour de dioxine entraînait une surmortalité par cancer de 1 800 à 2 900 cas par an !

1. « Dioxines : données de contamination et d'exposition de la population française », juin 2000.


Le « sida chimique »

Sur les 200 molécules que compte la famille Dioxine, 17 sont officiellement reconnues toxiques pour l'homme. La plus redoutable de ces substances chimiques constituées en partie de chlore est la « dioxine de Seveso », du nom de la ville italienne touchée le 10 juillet 1976 par un nuage de dioxines échappé d'une usine de pesticides. Une fois dans l'organisme, la dioxine s'accumule dans les tissus adipeux. Plus de vingt ans après, on constate à Seveso une augmentation des leucémies et des cancers gastro-intestinaux. La dioxine entraîne également des dérèglements hormonaux et du système nerveux. Les enfants sont en première ligne, ils peuvent être contaminés par le lait maternel mais aussi avant la naissance, ce qui risque alors de provoquer des malformations congénitales.




a se demander pourquoi le grenelle c'est transformé en flop
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# Posté le dimanche 23 décembre 2007 09:46

Modifié le lundi 24 décembre 2007 11:13

c'est un crime contre l'avenir de nos enfants

c'est un crime contre l'avenir de nos enfants
Déchets: le Grenelle de l'environnement n'adopte pas de moratoire sur les incinérateurs
AP | 21.12.2007 | 00:21
La table ronde du Grenelle de l'environnement s'est terminée jeudi soir sans que les ONG n'obtiennent de moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs, même si les participants ont décidé de diminuer les quantités de déchets qui seront incinérés, selon un communiqué du ministère de l'Ecologie.

L'accord trouvé prévoit de diminuer de 15% à l'horizon 2012 les déchets destinés à l'enfouissement ou à l'incinération. Il prévoit également de réduire de 25kg en cinq ans la quantité de déchets produite par chaque Français en un an et d'augmenter le recyclage des déchets organiques et ménagers.

La place de l'incinération "sera abordée localement", précise le communiqué du ministère. Plusieurs ONG, dont l'Alliance pour la planète, avaient défendu l'idée d'un moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs dans le cadre du Grenelle. AP




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# Posté le vendredi 21 décembre 2007 04:05

Modifié le vendredi 21 décembre 2007 04:16